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	<title>Pris(m)e de tête</title>
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	<description>Les sciences et techniques vues par les sciences de l&#039;homme et de la société</description>
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		<title>Jeudi 17 mars : Apéro Science et Web au bistrot Les Colonnes</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Mar 2011 01:03:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gayané Adourian</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le prisme]]></category>
		<category><![CDATA[apéro]]></category>
		<category><![CDATA[événement]]></category>
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		<category><![CDATA[science]]></category>
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		<description><![CDATA[Alors que la semaine du Big Mix bat son plein, Prisme de Tête et tous ses acolytes vous invitent au 3ème apéro Science et Web qui aura lieu le 17 mars. Au programme : un barcamp sur les serious games.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Amis lecteurs, blogueurs, contributeurs, commentateurs… les deux premières éditions ayant été un succès, nous vous invitons au 3ème apéro Science et Web le jeudi 17 mars à partir de 19h, au <a href="http://maps.google.com/maps/place?cid=14970038626848667362" target="_blank">bistrot Les Colonnes</a> (2e arrdt).  L&#8217;idée : discuter de nos projets, faire des rencontres dans un cadre informel et convivial&#8230; bref passer un bon moment.</p>
<p>Pour la première fois, nous vous proposons un thème de discussion et de débat sous forme de mini barcamp à propos des serious games. Simon Bachelier, l&#8217;un des spécialistes français du domaine qui travaille à la<a href="http://www.cite-sciences.fr/fr/cite-des-sciences/" target="_blank"> Cité des Sciences</a>, rentre du <a href="http://www.gdconf.com/conference/sgs.html" target="_blank">Serious Games Summit</a>, LE rendez-vous incontournable des gens de ce milieu. Il pourra témoigner de son expérience et des dernières tendances du secteur.</p>
<p>Cette soirée, organisée en partenariat avec <a href="http://www.knowtex.com/" target="_blank">Knowtex</a>, le <a href="http://www.cafe-sciences.org/" target="_blank">C@fé des sciences</a>, <a href="http://www.sciences-et-democratie.net/" target="_blank">Science et démocratie</a>, <a href="http://www.rechercheencours.fr/" target="_blank">Recherche en cours</a> et <a href="http://ownisciences.com/" target="_blank">OWNIsciences</a> est ouverte à tous les amateurs de science sur le web. Elle s&#8217;inscrit également dans le cadre de <a href="http://www.knowtex.com/blog/le-big-mix-une-semaine-en-apesanteur/" target="_blank">la semaine du &laquo;&nbsp;Big Mix&nbsp;&raquo;</a> de culture scientifique et culture numérique.</p>
<p>Nous espérons vous y voir nombreux ! :)</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-3309" title="partenaireslegrandmix" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2011/03/partenaireslegrandmix.png" alt="" width="627" height="271" /></p>
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		<title>L’expertise climatique : mission impossible entre sciences et politique ?</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Mar 2011 06:30:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marine Soichot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
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		<category><![CDATA[expertise]]></category>
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		<category><![CDATA[sciences et politique]]></category>

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		<description><![CDATA[« Votre mission si vous l'acceptez, sera d'informer les gouvernements sur le changement climatique. Vous ne mènerez pas de recherche en propre mais procèderez à une revue des travaux scientifiques existants et publierez des rapports tous les 5 à 6 ans ». Ainsi va depuis 1988, la vie du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC). Mais derrière cette consigne apparemment sans équivoque émerge d’âpres débats.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>« Votre mission si vous l&#8217;acceptez, sera d&#8217;informer les gouvernements sur le changement climatique. Vous ne mènerez pas de recherche en propre mais procèderez à une revue des travaux scientifiques existants et publierez des rapports tous les 5 à 6 ans ». Ainsi va depuis 1988, la vie du Groupe d&#8217;Experts Intergouvernemental sur l&#8217;Evolution du Climat (GIEC). Mais derrière cette consigne apparemment sans équivoque émerge d’âpres débats.</strong></p>
<h3 style="text-align: justify;">Le GIEC, mode d’emploi</h3>
<p style="text-align: justify;">Au sien du GIEC (ou <a href="http://www.ipcc.ch/">IPCC </a>pour<em> Intergovernmental Pannel on Climate Change</em>), trois groupes se répartissent la tâche de procéder à une revue de la littérature scientifique sur le changement climatique. Ils s’intéressent respectivement au système climatique et son évolution, aux impacts du changement climatique et aux solutions à apporter au problème. Tous les Etats membres de l’ONU ou de l’<a href="http://www.wmo.int/pages/index_fr.html" target="_blank">OMM</a> (Organisation météorologique Mondiale) peuvent prendre part aux activités du GIEC qui ambitionne de rassembler des représentants de tous les pays. Les auteurs des rapports sont choisis par le bureau du GIEC parmi les personnes proposées par les États. Ils sont assistés par des réviseurs et des collaborateurs. Au cours d’un long processus d’écriture-lecture-réécriture, quelques 2500 spécialistes participent ainsi à l’élaboration des rapports qui sont en phase finale soumis à l’assemblée générale.</p>
<p style="text-align: justify;">L’originalité du GIEC est d’associer les politiques au processus d’expertise. Ceux-ci interviennent lors d’une phase finale mais néanmoins cruciale : la rédaction du résumé pour décideurs (un résumé technique est également écrit). Ce dernier est approuvé ligne par ligne par les scientifiques, auteurs du rapport initial, et les représentants des gouvernements.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2851" title="rapports GIEC" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/rapports-GIEC.jpg" alt="" width="346" height="259" /></p>
<p>Depuis 1990, le GIEC a produit 4 rapports (1990, 1995, 2001, 2007) qui vont dans le sens d’une réduction des incertitudes concernant l’influence humaine sur le climat et servent de bases aux négociations internationales.</p>
<h3>Entre vision enchantée ….</h3>
<p style="text-align: justify;">Scientifiques et politiques interviennent ainsi dans un processus qui entend malgré tout assurer un équilibre entre sciences et diplomatie. Le GIEC se donne pour objectif de rendre compte de l’état des connaissances utiles aux gouvernements mais sans faire de recommandation:  policy relevant but non policy prescriptive.</p>
<p style="text-align: justify;">Le sérieux et la rigueur des procédures de rédaction des rapports sont avancés comme garant de leur validité scientifique. Là où un article publié dans une revue de recherche est revu et commenté par trois ou quatre relecteurs, les rapports du GIEC mobilisent toute une communauté. <a href="http://www.lsce.ipsl.fr/Pisp/24/valerie.masson-delmotte.html">Valérie Masson-Delmotte</a>, chercheur en paléoclimatologie au<a href="http://www.lsce.ipsl.fr/" target="_blank"> Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement</a> ayuant participé à l’élaboration du dernier rapport (paru en 2007), cite en exemple « <em>le chapitre sur les climats passés, représentant en gros un document initial de 30 pages, [qui] a reçu l’équivalent de 300 pages de commentaires auxquels il faut répondre un par un ! </em>».</p>
<p style="text-align: justify;">Au fur et à mesure des années, le GIEC est devenu une référence majeure sur la question climatique. Ses rapports constituent une &laquo;&nbsp;bible&nbsp;&raquo; sur laquelle scientifiques, politiques, ONGs, journalistes s’appuient.  Sa légitimité à statuer sur le problème en est grandie à tel point que pour certains, elle ne peut être remise en cause. Le GIEC constituerait alors un exemple unique en matière d’expertise applicable à d’autres problèmes comme celui de la biodiversité (1) .  Néanmoins, il attire des critiques très virulentes à l’égard justement de son principe et de son fonctionnement.</p>
<h3>… et théorie du complot</h3>
<p style="text-align: justify;">Pour<a href="http://cas.ensmp.fr/~chaplais/CAS/Directory/Directory/Lenoir.html"> Yves Lenoir</a>, chercheur à l’école des Mines en mécanique, le GIEC est une « <em>machinerie climatocratique </em>» dont le discours ne servirait qu’à entretenir sa légitimé et assurer ses revenus (2). Il n’a cependant jamais  publié de travaux scientifiques sur la question du climat. Cela ne lui ôte aucunement le droit d’émettre une critique sur le processus d’expertise mais ne le rend pas très crédible sur le sujet. Si l’on souhaite écouter « <em>un scientifique sceptique qui [n’est] pas un zozo</em> » , selon l’expression de <a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/#" target="_blank">Sylvestre Huet</a> , journaliste à Libération spécialisé sur la question du climat, on peut se tourner vers <a href="http://www-eaps.mit.edu/faculty/lindzen.htm">Richard Lindzen</a> (3).</p>
<p style="text-align: justify;">Ce professeur en sciences de l’atmosphère au MIT, a publié de nombreux travaux sur le sujet et jouit d’une reconnaissance académique certaine. Outre ces critiques sur des aspects purement scientifiques &#8211; la prise en compte en compte des nuages dans les modèles numérique du climat par exemple &#8211; Lindzen s’oppose vivement au fonctionnement du GIEC. Il en a démissionné en 2001 après la publication du 3e rapport qu’il jugeait non conforme aux connaissances scientifiques du moment. Pour lui, le groupe d’expertise ne jouit « <em>même pas d’une procédure de révision normale </em>». Dans ces conditions, « <em>il est donc aberrant d’en faire l’unique arbitre de la science</em> ». Il dénonce une fabrique de consensus , critique également chère à Claude Allègre.</p>
<p style="text-align: justify;">L’ancien ministre juge lui aussi l’autorité du GIEC illégitime. Pour lui, il s’agit d’une usurpation des climatologues. Usant d’un registre catastrophiste, ces derniers affaibliraient le débat d’idées contradictoires pour mieux attirer les crédits de recherche vers leurs laboratoires. Dans une chronique publié dans l&#8217;Express en 2005 (4) il affirmait :<em> &laquo;&nbsp;dès qu&#8217;est enregistrée une petite augmentation de température, mes collègues climatologues se précipitent à la télévision pour vous décrire les pires scénarios. Et de se retourner vers les agences de recherche pour dire : vous voyez, nous sommes une priorité, nous avons besoin d&#8217;argent ! Ainsi s&#8217;établit cet assemblage instable entre politiques velléitaires et scientifiques avides de gloire et de moyens.</em>&laquo;&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-1929" title="duel" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/10/4331139181_aebe589450_z.jpg" alt="" width="436" height="289" /></p>
<p style="text-align: justify;">Ces critiques à l’encontre du GIEC concernent son mode de fonctionnement qui ne correspondrait pas aux canons de la révision scientifique par les pairs. Pour <a href="http://www.u-paris2.fr/15906647/0/fiche___annuaireksup/&amp;RH=PROF">Jean-Baptiste Comby</a>, sociologue à l’Université Paris 2, ces « <em>disqualifications politiques du GIEC reposent sur un idéal démocratique qui serait bafoué par cette institution </em>».  Entre les visions enchantées qui attribuent au GIEC une autorité scientifique incontestable, et les accusations de complot, n’y aurait-il pas un entre-deux pertinent ?</p>
<h3 style="text-align: justify;">Entre science et politique</h3>
<p style="text-align: justify;">Si l’on suit le mode d’emploi, le GIEC s’inscrit dans le cadre du modèle linéaire de l’expertise : un consensus scientifique serait établi comme préalable à un accord politique. L’état de l’art précèderait le débat et la décision politique. Cependant, dans la pratique, cette vision souffre quelques distorsions. Comme le relate <a href="http://wws.princeton.edu/qzalumni/testimonials/agrawala/">Shardul Agrawala</a>, aujourd’hui économiste à l’OCDE, la création même du GIEC est le produit d’un processus intensément politique. Replaçons-nous dans le contexte de l’époque.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les années 1980, les américains disposent d’expertises menées par plusieurs de leurs agences scientifiques et sont conscients des enjeux économiques de la question climatique. Cependant, ils ne souhaitent en aucun cas voir se renouveler le cas de l’ozone (5). Ils œuvrent alors pour une implication directe des politiques dans un processus d’expertise qui permet également de ménager un équilibre entre les positions des lobbies des énergies fossiles et celles des environnementalistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Paradoxalement devant l’absence de consensus clair et les avis divergents, les politiques se défaussent sur les scientifiques en nommant un chercheur reconnu, Bert Bolin, à la tête de l’institution. Par ailleurs, d’après <a href="http://www.koyre.cnrs.fr/spip.php?article96">Amy Dahan</a>, historienne et sociologue des sciences au CNRS, « <em>le choix des personnalités qui présidaient les trois sous-groupes fut pré négocié et répondait à des critères tant politiques que scientifiques</em> ». Mais les valeurs scientifiques telles que l’universalité et la transparence sont placées au centre des procédures. Le GIEC peut ainsi attirer des chercheurs mondialement reconnus et produire des rapports scientifiquement crédibles.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre entrave à la stricte séparation entre science et politique dans l’expertise : la rédaction du résumé pour décideurs. Comme mentionné précédemment, ce fameux résumé est approuvé ligne par ligne à la fois par les experts scientifiques, la plupart du temps des chercheurs académiques, et par les représentants des gouvernements. On imagine aisément les pourparlers &#8211; pour ne pas dire &laquo;&nbsp;discussion de marchands de tapis&nbsp;&raquo; &#8211;  qui peuvent avoir lieu. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Jouzel" target="_blank">Jean Jouzel</a>, chercheur en glaciologie et vice-président du GIEC, raconte par exemple à propos d’un point particulier que « <em>des scientifiques voulaient mettre qu&#8217;on avait une très forte confiance dans cette conclusion, les gouvernements, certains gouvernements ont voulu mettre qu&#8217;on avait une bonne confiance. Ça a duré pendant des heures, toute la nuit. Les scientifiques n&#8217;ont pas cédé, personne n&#8217;a cédé, du coup et donc ce n’est ni l&#8217;un, ni l&#8217;autre, la phrase est sans qualificatif</em> » (7).</p>
<p style="text-align: justify;">Souvent pointé du doigt, cette étape constitue pour certain une ingérence politique dans le processus d’expertise. Pour d’autre, cette participation des gouvernements est essentielle pour qu’ils s’engagent sur le sujet. Sans cela, les rapports du GIEC ne viendraient que sédimenter comme tant d’autres sur les bureaux des décideurs politiques.  Ainsi pour Jean Jouzel,  «  <em>le GIEC fait un état des lieux, il ne prend pas de décision mais fait des diagnostics. Le fait que cela soit approuvé par les gouvernements, leur permet justement de s’approprier les rapports et de s’appuyer dessus dans les conférences des parties</em> » . Leur participation resterait suffisamment encadrée pour garantir la validité scientifique des rapports.</p>
<h3>Vous avez dit expertise ?</h3>
<p style="text-align: justify;">Le modèle linéaire (naïf) d’une expertise comme entreprise indépendante entre l’activité scientifique et la décision politique se trouve donc mis à mal. De multiples acteurs se croisent entre science, société et politique. Dans ce ballet, la position des experts est délicate. Comme l’explique Philippe Roqueplo, spécialiste de la question de l’expertise,  l&#8217;expert n’est jamais parfaitement neutre, les connaissances qu’il mobilise comportent nécessairement des valeurs tacites sur la nature et la société et il tend à se positionner comme avocat d’une certaine cause.</p>
<p style="text-align: justify;">On se demande alors si le GIEC n’aurait pas glissé vers une position de promoteur du problème climatique sur les plans à la fois scientifique et politique : il influence de manière significative l’orientation des recherches sur le climat et la mise en place des politiques publiques.  Il fédère ainsi de nombreux acteurs et jouit d’une visibilité considérable qu’est venue renforcer le Prix Nobel de la paix en 2007, attribut on ne peu plus politique !</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2488" title="expert2" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/10/expert2.jpg" alt="" width="397" height="272" /></p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, l’idée d’une expertise clairement en amont du politique au cours d’un processus linéaire reste revendiquée en particulier par les scientifiques. Pour <a href="http://www.koyre.cnrs.fr/spip.php?article274">Hélène Guillemot</a>, historienne et sociologue des sciences, « <em>il les protège des intérêts à court terme, d’un pilotage trop étroit par les pouvoirs, les lobbys ou le marché, il semble préserver leur sphère d’autonomie </em>».  Certains verraient alors dans l’expertise du GIEC une construction scientifico-politique bonne à jeter aux orties. Le fait que le modèle idéal linéaire ne résiste pas à l’analyse n’invalide pas que le travail conjoint de milliers de spécialistes puis plus de vingt ans. Si l’on peut identifier des biais  ou quelques erreurs dans les rapports , les conclusions restent dans leur quasi totalité valides. Il convient de distinguer le contenu de l’expertise de son processus. Des erreurs et ajustement de l’un, ne doit pas systématiquement remettre totalement en cause le second.</p>
<p style="text-align: justify;">Concernant les procédures, le GIEC n’est totalement par hermétique aux critiques : depuis sa création certaines ont été modifiées afin d‘y répondre avec par exemple la création en 1994 du <em>Subsidiary Body for Scientific and Technological Advice</em> (SBSTA) qui fait tampon entre scientifique et politique. Mais en complexifiant ses procédures, le GIEC ne perdrait-il pas en transparence ? Pour <a href="https://webapp4.asu.edu/directory/person/977682">Clark Miller</a>, chercheur en sciences politiques à l’Arizona State University, il convient d’être vigilant quant à la façon avec laquelle le GIEC gagne en pouvoir et influence sur les négociations internationales au détriment parfois du caractère ouvert, démocratique et responsable de leurs procédures.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Notes </span>:</p>
<p>(1) La création de l&#8217;IPBES (<em>Intergovernmental science-policy Platform on Biodiversity and Ecosystem services</em>) a été approuvée par 90 pays en juin 2010, décision qui doit être approuvée lors de la 65<sup>éme</sup> Assemblée générale de l’ONU à l’automne 2010. Présenté comme un <em>GIEC de la biodiversité</em>, cet organisme aurait outre une mission d’expertise, un mandat politique supranational pour contrôler l’application de la convention sur la diversité biologique.</p>
<p>(2)  Il développe sa position dans un livre publié en 2001, &laquo;&nbsp;Climat de panique&nbsp;&raquo; (Favre).</p>
<p>(3) J’ai rencontré Sylvestre Huet en 2010 dans le cadre de ma recherche doctorale pour l’interroger sur sa participation à l’élaboration de l’exposition Climax.</p>
<p>(4) Claude Allègre, « Climat: savoir qu&#8217;on ne sait pas », chronique publiée dans l’Express le 01/08/2005</p>
<p>(5) Le problème de la destruction de la couche d’ozone stratosphérique par les gaz CFC (chlorofluorocarbone) a fait l’objet d’un accord international interdisant l’emploi de ces gaz (protocole de Montréal en 1987), en un temps record (le premier article scientifique sur la question est publié dans <em>Nature</em> en 1974). L’établissement d’un rapport d’expertise sous l’égide du président du PNUE, Mostafa Tolba, a été déterminant. Le cas de l’ozone est souvent cité comme exemplaire en matière de politique environnementale internationale.</p>
<p>(7) J’ai rencontré Jean Jouzel en 2007 dans le cadre de ma recherche de Master pour l’interroger à propos de sa participation à des actions de vulgarisation scientifique.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Quelques références</span> :</p>
<p>Agrawala, S. (1998) « Context and early origins of the Intergovernmental Change Panel on Climate Change » Climatic Change, vol. 39, pp. 605-620.</p>
<p>Comby, J.-B. (2008). Créer un climat favorable. Les enjeux liés aux changements climatiques : valorisation publique, médiatisation et appropriations au quotidien. Sciences de l&#8217;inormation et de la communication. Paris, Université Paris 2, Institut Français de la Presse. Thèse de doctorat.</p>
<p>Dahan-Dalmedico, A. and H. Guillemot (2006). &laquo;&nbsp;Changement climatique: Dynamiques scientifiques, expertise, enjeux géopolitiques &nbsp;&raquo; Sociologie du travail 48: 412-432.</p>
<p>Guillemot, H. (2007) « La modélisation du climat en France des années 1970 aux années 2000. Histoire, pratiques, enjeux politiques » Thèse de doctorat, sous la direction de A. Dahan. Paris: EHESS &#8211; Centre Alexandre Koyré, p.90.</p>
<p>Hulme, M. et Mahony, M. (2010) « Climate change: What do we know about the IPCC? » Progress in Physical Geography, vol. publié en ligne le 18 juin 2010, pp. 1-14.</p>
<p>Miller, C. (2007) « Democratization, international knowledge institutions, and global governance » Governance, vol. 20, n°2, pp. 235-357.</p>
<p>Roqueplo, P. (1993). Climat sous surveillance.  Limites  et  conditions  de  l&#8217;expertise  scientifique. Paris, Editions Economica.</p>
<p>Roqueplo, P. (1997) Entre savoir et décision, l’expertise scientifique, Paris: INRA Editions.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Images</span> : CC Flickr : <a href="http://www.flickr.com/photos/steve_easterbrook/" target="_blank">Steve E</a>., <a href="http://www.flickr.com/photos/lucky7th/" target="_blank">lucky7th</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/sully_aka__wstera2/">wstera2</a>,</p>
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		<title>Jeudi 17 février : Apéro Science et Web au bistrot Les Colonnes</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Feb 2011 18:00:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marine Soichot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après « Le Grand Mix » à La Cantine et un premier apéro « Science et Web » en janvier, Pris(m)e de tête et ses acolytes invitent les lecteurs, blogueurs, contributeurs, commentateurs, etc. à une nouvelle rencontre informelle et conviviale. Cela se passera jeudi 17 février au bistrot des Colonnes à partir de 19h.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après « <a href="http://vimeo.com/16674293">Le Grand Mix</a> » à <a href="http://lacantine.org/" target="_blank">La Cantine</a> et un premier apéro « Science et Web » en janvier, Pris(m)e de tête et ses acolytes invitent les lecteurs, blogueurs, contributeurs, commentateurs, etc. à une nouvelle rencontre informelle et conviviale. Cela se passera jeudi 17 février au <a href="http://maps.google.com/maps/place?cid=14970038626848667362">bistrot des Colonnes</a> à partir de 19h. Cette soirée est organisée en partenariat avec <a href="http://knowtex.com/">Knowtex</a>, le <a href="http://www.cafe-sciences.org/">c@fé des sciences</a>,  <a href="http://www.sciences-et-democratie.net/">Science et démocratie</a>, <a href="http://www.rechercheencours.fr/">Recherche en cours</a> et <a href="http://ownisciences.com/">OWNIsciences</a>. Elle est ouverte à tous les amateurs de science sur le web. Venez nombreux !</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3276" href="http://www.prismedetete.net/jeudi-17-fevrier-apero-science-et-web-au-bistrot-les-colonnes/partenaireslegrandmix/"><img class="aligncenter size-full wp-image-3276" title="partenaireslegrandmix" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2011/02/partenaireslegrandmix.png" alt="" width="627" height="271" /></a></p>
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		<title>Vers une science féministe ?</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Feb 2011 19:11:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Antoine Blanchard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La science féministe est souvent présentée comme une science faite par les femmes, ou avec des qualités féminines comme la coopération et l'interaction. Mais pour les philosophes des sciences, c'est encore autre chose…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>La science féministe est souvent présentée comme une science faite par les femmes, ou avec des qualités féminines comme la coopération et l&#8217;interaction. Mais pour les philosophes des sciences, c&#8217;est encore autre chose…</strong></p>
<h3 style="text-align: justify;">Le féminisme n&#8217;est pas que pour les femmes !</h3>
<p style="text-align: justify;">Être féministe, qu&#8217;est-ce que ça veut dire au juste ? On peut répondre que c&#8217;est reconnaître l&#8217;injustice de la condition féminine et la combattre. Cas classique, ceux qui se battent contre l&#8217;inégalité ou les pressions sociales dirigées contre les femmes. Si l&#8217;on s&#8217;y attarde, on s&#8217;aperçoit que ce discours est plus profond : même si les inégalités entre les sexes semblent naturelles et peuvent être prétendument expliquées par des références scientifiques (souvenons-nous des <a href="http://www.prismedetete.net/comment-la-science-fabrique-des-contes-de-fees/" target="_blank">métaphores sur la reproduction humaine</a>) , les féministes insistent sur leur côté construit et donc modifiable. Ainsi, l&#8217;être humain a le pouvoir d&#8217;aller contre les perceptions courantes de soi et de la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Une version féministe de la science ne devrait pas seulement chercher à défendre la place de la femme. Ce n&#8217;est pas non plus une science qui ferait appel à des qualités considérées comme féminines (préférence donnée aux comportements complexes de coopération et d&#8217;interaction par rapport aux attitudes individualistes et dirigistes), car féministe n&#8217;est pas synonyme de féminin.</p>
<p style="text-align: justify;">Une science féministe, c&#8217;est une science faite en féministe donc en refusant l&#8217;idée d&#8217;une limite des potentialités humaines. Celui ou celle qui s&#8217;en réclame doit rester fidèle à ses valeurs et sa culture propres et, tout en s&#8217;inscrivant dans le champ scientifique, rendra également des comptes à la communauté sociale et politique à laquelle il ou elle appartient. Un beau programme, s&#8217;il en est.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La science moderne et ses alternatives</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais si on accepte une science féministe, en sommes-nous conduits à accepter une science créationniste ou une science communiste ? Voilà qui irait contre l&#8217;idée de science une et indivisible. Même si la pratique de la recherche scientifique est plurielle et que les disciplines qui la composent entrent parfois en conflit. Et elle est entourée d&#8217;une démarcation qui nous fait bien sentir où commence la science (entre la psychologie et l&#8217;économie) et où elle s&#8217;arrête (avec les Bogdanov).</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, la science moderne telle qu&#8217;on la connaît aujourd&#8217;hui aurait pu être différente. On voit bien comment le développement de la science moderne en Occident a été fortement marqué par les riches gentlemen des Lumières, dirigés contre la sagesse populaire des femmes et des &laquo;&nbsp;sorcières&nbsp;&raquo; (1). On sait aussi qu&#8217;il suit globalement une même direction &#8212; celle d&#8217;une plus grande maîtrise de l&#8217;environnement conduisant à une meilleure efficacité de la production (je ne parle pas de &laquo;&nbsp;progrès&nbsp;&raquo; car cette notion a trop de connotations).</p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: x-small;"><span style="line-height: normal;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3244" title="pantheon" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2011/02/pantheon.jpg" alt="" width="600" height="400" /></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: x-small;"><span style="line-height: normal;"> </span></span></p>
<p style="text-align: center;"><em>Panthéon &#8211; la Patrie, entre la Liberté et l&#8217;Histoire, distribue des couronnes aux grands hommes</em></p>
<p style="text-align: justify;">Du coup, certains philosophes des sciences ont proposé de regarder la science moderne comme quelque chose qui aurait pu ne pas arriver. Ils envisagent alors d&#8217;autres versions de la science, dont la science féministe. Petit tour d&#8217;horizon…</p>
<p style="text-align: justify;">La première alternative est dite néo-marxiste. Au XIXe siècle, les philosophes allemands Engels et Marx défendaient une certaine vision de l&#8217;histoire et de l&#8217;économie, qui a été étendue depuis à d&#8217;autres disciplines. Trois idées marquent la vision néo-marxiste de la science. Ce ne sont pas ses mauvais usages mais la nature même de la science bourgeoise qui explique l&#8217;emprise croissante de la technologie (modification génétique de l&#8217;homme, contrôle de la matière à l&#8217;échelle manométrique, remplacement de l&#8217;homme par la machine etc.). Dans sa volonté de tout expliquer en décomposant mécaniquement des systèmes complexes (réductionnisme), la science bourgeoise serait néfaste. Une autre science néo-marxiste et plus émancipatrice est possible, et elle nous rapprochera de la vérité. Selon certains philosophes, cette science dépasserait la séparation entre sujet et objet, entre le rationnel et l&#8217;émotionnel…</p>
<p style="text-align: justify;">Faisant la jonction entre l&#8217;avant et l&#8217;après mai 1968, le philosophe français Michel Foucault s&#8217;est intéressé aux pratiques de discours qui font exister un objet. Selon lui, la scientificité (2) n&#8217;est qu&#8217;une étape du discours, qui advient lorsque les normes de vérification et de cohérence sont fixées par un ensemble de critères formels. Ces critères dépendent du contexte historique et sont fondamentalement idéologiques. Foucault note également que la connaissance est nécessaire au pouvoir (qu&#8217;il nomme &laquo;&nbsp;bio-pouvoir&nbsp;&raquo;(3)) et que celui-ci pousse à la normalisation totale de nos vies. On peut alors imaginer une science qui s&#8217;oppose ou résiste à l&#8217;absorption par le pouvoir, s&#8217;étendant à partir de foyers alternatifs &#8212; ce dont Foucault lui-même semble douter, y voyant encore et toujours la main du pouvoir !</p>
<h3 style="text-align: justify;">La voix des femmes</h3>
<p style="text-align: justify;">Pour Evelyn Fox Keller, la généticienne devenue philosophe féministe dans les années 1970, nos conceptions de ce qui fait la connaissance scientifique sont biaisées par l&#8217;expérience infantile de l&#8217;objectivité. Celle-ci est elle-même marquée par des normes et structures sociales : depuis la Grèce antique, la vérité est assimilée à une vertu proche de l&#8217;amour (&laquo;&nbsp;phile&nbsp;&raquo;) ; puis elle deviendra &laquo;&nbsp;eros&nbsp;&raquo; par la force des choses ; ainsi, la recherche de la vérité &laquo;&nbsp;s&#8217;érotisera&nbsp;&raquo; avec le développement d&#8217;une vision où l&#8217;homme triomphe de la nature en la courtisant, allant jusqu&#8217;à la violer s&#8217;il faut.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: x-small;"><span style="line-height: normal;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3244" title="femme" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2011/02/femme.jpg" alt="" width="600" height="400" /></span></span></p>
<p style="text-align: center;"><em>Ernest Barrias, &laquo;&nbsp;La Nature se dévoilant devant la Science&nbsp;&raquo;, 1899 au Musée d&#8217;Orsay</em></p>
<p style="text-align: justify;">Avec cette prépondérance de l&#8217;idée de contrôle, les explications mécanistes et réductionnistes sont privilégiées au détriment des modèles d&#8217;auto-organisation et de forte interaction. L&#8217;éducation des jeunes garçons favorise une autonomie statique (qui se construit en dominant les autres, et en détachant le sujet de l&#8217;objet) que l&#8217;on retrouve ensuite en science. Cependant, une autre objectivité plus proche de l&#8217;éducation féminine, fondée sur l&#8217;autonomie dynamique (qui admet le lien aux autres et notre connexion avec le monde), est possible.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, la philosophe de la biologie Donna Haraway s&#8217;est penchée en 1989 (4) sur la primatologie, discipline dont les principes méthodologiques sont constamment révisés sur le terrain. Elle montre que, au-delà des mœurs et de l&#8217;organisation sociale des grands singes, les primatologues étudient des systèmes représentés par des métaphores qui peuvent changer au cours du temps. Ainsi, à la métaphore de la &laquo;&nbsp;division du travail&nbsp;&raquo; a succédé celle de la &laquo;&nbsp;circulation de l&#8217;information&nbsp;&raquo;, etc. Pour Donna Haraway, l&#8217;éthologie et l&#8217;étude des animaux n&#8217;ont jamais porté sur les animaux eux-mêmes, mais sur des systèmes que les animaux ont servi à incarner (typiquement, les sociétés mâles dominantes). Plutôt que de réclamer sans cesse une objectivité transcendante, Haraway nous encourage à reconnaître que toute connaissance est locale, médiée, située et partielle.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Comment crée-t-on une science féministe ?</h3>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, la science féministe n&#8217;est qu&#8217;une des multiples façons de remettre à plat une définition de la pratique scientifique que l&#8217;on pensait acquise. La science féministe n&#8217;est pas révolutionnaire : elle prolonge essentiellement les modes de raisonnement et de justification existants. Les théories qu&#8217;elle produit peuvent être comparées avec d&#8217;autres théories scientifiques alternatives. Ouf, pas de créationnisme ou de science communiste en vue ! Une fois ce préalable posé, la philosophe Helen Longino donne sa recette pour créer une science féministe en seulement deux étapes :</p>
<ul>
<li>abandonner l&#8217;idée que c&#8217;est en faisant parler les données qu&#8217;on crée un savoir absolu, et donc ne plus rester passif face aux données</li>
<li>domaine par domaine, regarder quelles hypothèses fondamentales sont tenues latentes et leur influence sur le processus de recherche. Pour cela, il est bon de connaître l&#8217;histoire du domaine</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Présentée ainsi, la science féministe fait moins peur et emprunte beaucoup de traits aux exigences de réflexivité présentes dans certaines méthodes scientifiques. Et pourtant, elles sont loin d&#8217;être majoritaires ! Dans &laquo;&nbsp;Science as Social Knowledge&nbsp;&raquo;, l&#8217;auteure prend l&#8217;exemple des recherches cognitives sur les différences liées au sexe ainsi que les recherches paléo-anthropologiques sur les sociétés préhistoriques. Quand les chercheurs essayent de comprendre comment l&#8217;évolution des sociétés préhistoriques a été marquée par le changement de comportement d&#8217;un groupe en particulier, ils font entrer en ligne de compte tout un tas de &laquo;&nbsp;valeurs&nbsp;&raquo; masculines comme hypothèses de base. Entre la théorie de l&#8217;homme-chasseur (développant des outils en pierre utiles à la chasse) et celle plus récente de la femme-cueilleuse (développant des outils organiques &#8212; branchages… &#8212; qui ne se sont pas conservés), il n&#8217;y a pas de désaccord sur les données de fouille, <a href="http://books.google.com/books?id=BKCHvoKevuQC&amp;lpg=PA198&amp;ots=kwc8zEc10G&amp;dq=homme%20chasseur%20femme%20cueilleuse&amp;hl=fr&amp;pg=PA198#v=onepage&amp;q=les%20m%C3%AAmes%20donn%C3%A9es%20prennent%20un%20sens%20tout%20diff%C3%A9rent&amp;f=false" target="_blank">seulement sur leur interprétation</a>.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: x-small;"><span style="line-height: normal;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3244" title="artparietal" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2011/02/artparietal.jpg" alt="" width="400" height="500" /></span></span></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ouvrage de Longino a été écrit en 1990. Vingt ans après, il semble que certaines de ces valeurs masculines ont été effectivement battues en brèche en science, y compris par la présence accrue de femmes chercheuses ! Cependant, il ne faudrait pas en conclure que nous sommes entrés dans l&#8217;ère de la science féministe. Pour Manuela de Barros, philosophe et théoricienne de l&#8217;art à l&#8217;université Paris 8, &laquo;&nbsp;il en va de la science féministe comme du féminisme en général : une idée difficile à rendre opératoire dans les comportements et les compréhensions profondes&nbsp;&raquo;, notamment parce qu&#8217;elle s&#8217;oppose à &laquo;&nbsp;un système qui a peu d&#8217;intérêt à changer ses prémices puisqu&#8217;elles profitent à ceux qui les ont créées&nbsp;&raquo;. Cette &laquo;&nbsp;note de bas de page&nbsp;&raquo; de l&#8217;histoire des sciences mérite à mon sens de rester vive dans les esprits, j&#8217;espère que ce billet y contribuera !</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Je remercie Manuela de Barros pour sa relecture et ses commentaires.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Notes</span> :</p>
<p style="text-align: justify;">(1) Au passage, on ne dira jamais assez combien l&#8217;expression &laquo;&nbsp;remède de bonne femme&nbsp;&raquo;, <a href="http://www.mon-expression.info/remedes-de-bonnes-femmes" target="_blank">dont le sens fut détourné à partir de &laquo;&nbsp;bona fama&nbsp;&raquo;</a>, est méprisante !</p>
<p style="text-align: justify;">(2) On appelle &laquo;&nbsp;scientificité&nbsp;&raquo; le caractère de ce qui est scientifique, c&#8217;est-à-dire la qualité des pratiques et des théories qui cherchent à établir des régularités reproductibles, mesurables et réfutables dans les phénomènes par le moyen de la mesure expérimentale, et à en fournir une représentation explicite (définition Wikipédia).</p>
<p style="text-align: justify;">(3) La volonté de savoir, Gallimard, 1976 (Tome I de l&#8217;Histoire de la sexualité ) ; Il faut défendre la société, Cours au Collège de France, 1975-76, Hautes études, Gallimard/Seuil</p>
<p style="text-align: justify;">(4) Primate Visions : Gender, Race, and Nature in the World of Modern Science. Routledge : New York and London, 1989.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&gt;&gt; Pour aller plus loin :</strong></p>
<ul>
<li>à propos de la notion de science chez Karl Marx (<a href="http://www.samizdat.qc.ca/cosmos/sc_soc/sc_mx_pg.htm" target="_blank">ici</a>)</li>
<li>épistémologie féministe et philosophie des sciences dans la <em>Stanford Encyclopedia of Philosophy</em> (<a href="http://plato.stanford.edu/entries/feminism-epistemology/" target="_blank">ici</a>)</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">&gt;&gt; <strong>Illustrations CC </strong><strong>FlickR</strong> : <a href="http://www.flickr.com/photos/wallyg/" target="_blank">wallyg</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/bierdoctor/" target="_blank">BierDoctor</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/pierre_pouliquin/" target="_blank">Pierre Pouliquin</a></p>
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		<title>Mardi 18 janvier : Apéro Science et Web au bistrot Les Colonnes</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Jan 2011 02:56:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gayané Adourian</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le prisme]]></category>
		<category><![CDATA[culture scientifique]]></category>
		<category><![CDATA[événement]]></category>
		<category><![CDATA[science]]></category>
		<category><![CDATA[web]]></category>

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		<description><![CDATA[Après la soirée "Le Grand Mix" le 5 novembre dernier à La Cantine, voici le premier apéro "Science et Web" au bistrot Les Colonnes le 18 janvier. Blogueurs, journalistes, médiateurs, amateurs... on espère vous voir nombreux !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après &laquo;&nbsp;Le Grand Mix&nbsp;&raquo; à <a href="http://lacantine.org/" target="_blank">La Cantine</a>, voici l&#8217;apéro &laquo;&nbsp;Science et Web&nbsp;&raquo; ! En effet, vous avez été nombreux le 5 novembre dernier à nous rejoindre pour la soirée <strong>« <a href="http://www.knowtex.com/blog/le-grand-mix-la-timeline-2/" target="_blank">Culture scientifique &amp; culture numérique, le Grand Mix</a> ».</strong></p>
<p style="text-align: center;"><object style="width: 549px; height: 309px;" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="549" height="309" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=16674293&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=1&amp;color=00ADEF&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" /><embed style="width: 549px; height: 309px;" type="application/x-shockwave-flash" width="549" height="309" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=16674293&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=1&amp;color=00ADEF&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">Ce moment particulier a été l&#8217;occasion d&#8217;échanges riches et féconds, autour de sujets comme la presse en ligne, les webTV, les <em>serious games</em>, les blogs de science… Votre enthousiasme (en direct et sur le web) nous pousse à organiser une soirée « Science &amp; Web », <strong>le mardi 18 janvier</strong> au bistrot Les Colonnes (Paris).</p>
<p style="text-align: justify;">Amis lecteurs, blogueurs, journalistes, contributeurs, commentateurs, chercheurs, <em>geeks</em> ou juste curieux, nous vous invitons à un apéro informel et convivial pour vous rencontrer, échanger et ne plus vous sentir seul derrière votre écran. Cette soirée, la première du genre, pourra être reconduite tous les mois si le succès est au rendez-vous. Nous espérons vous y voir nombreux !</p>
<p><strong>Les partenaires</strong> : <a href="http://www.cafe-sciences.org/" target="_blank">le C@fé des sciences</a>, Pris(m)e de Tête, <a href="http://www.sciences-et-democratie.net/" target="_blank">Science et Démocratie</a>, <a href="http://ownisciences.com/" target="_blank">OwniSciences</a> et <a href="http://www.knowtex.com/" target="_blank">Knowtex</a>.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2303" title="Banniere Apéro LeMix (18 janvier 2011)" src="http://www.knowtex.com/blog/wp-content/uploads/2011/01/Banniere_AperoLeMix_18janvier2011.jpg" alt="Banniere Apéro LeMix (18 janvier 2011)" width="640" height="501" /></p>
<h3 style="text-align: center;">Informations pratiques :</h3>
<p style="text-align: center;"><strong>Date :</strong> le 18 janvier, à partir de 19h<br />
<strong>Lieu :</strong> bistrot Les Colonnes, 4 Bis Rue Quatre Septembre 75002 Paris<br />
M° Bourse, 4 Septembre ou Richelieu-Drouot<br />
<span style="text-decoration: underline;"><a href="http://maps.google.com/maps/place?cid=14970038626848667362">Voir sur Google Maps</a></span></p>
<p>&gt;&gt; Bannière : <a href="http://www.knowtex.com/user/Mikaly" target="_blank">Mikaly</a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les reliques du nazisme</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Dec 2010 04:22:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bruno Dermoum</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[eugénisme]]></category>
		<category><![CDATA[Harry Potter]]></category>
		<category><![CDATA[nazisme]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[technique]]></category>

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		<description><![CDATA[De Dark Vador à Voldemort, les grands méchants de la science-fiction puisent volontiers dans le côté obscur de l’Histoire humaine, à commencer par la Seconde Guerre mondiale et l’hégémonie du nazisme. Le dernier opus de la saga Harry Potter ne fait pas exception.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>De Dark Vador à Voldemort, les grands méchants de la science-fiction puisent volontiers dans le côté obscur de l’Histoire humaine, à commencer par la Seconde Guerre mondiale et l’hégémonie du nazisme. Le dernier opus de la saga Harry Potter ne fait pas exception.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3216" title="Voldemort" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/12/Voldemort.jpg" alt="" width="512" height="384" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le dernier volet des aventures du jeune sorcier <em>–</em><em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=HgZZsnleZJQ" target="_blank"> Les reliques de la mort, première partie</a></em> – s’ouvre sur une scène de torture. La victime ? Le professeur Burbage, condamné à mort pour avoir enseigné aux jeunes sorciers que les Moldus – humains sans pouvoirs – sont leurs égaux et les encourager à se mêler à eux. En d’autres termes : diluer la « race »…</p>
<p style="text-align: justify;">Un état d’esprit tout à fait inacceptable pour Voldemort, le grand méchant de la saga Harry Potter. En réaction, c’est un véritable « eugénisme des sorciers » qui se met en place sous ses ordres : rejet des individus jugés anormaux, purges des impurs, valorisation des êtres parfaits. Ni plus, ni moins que trois des piliers de l’eugénisme nazi.</p>
<h3>L&#8217;eugénisme comme technique de puissance.</h3>
<p style="text-align: justify;">Dès son accession au pouvoir, Hitler met à exécution les idées eugénistes d’une partie de la communauté scientifique allemande (1). Une forme moderne d’un eugénisme qui apparaît dans les années 1920, notamment aux États-Unis, basée sur des faits qui se veulent scientifiques et médicaux.</p>
<p style="text-align: justify;">On doit notamment à Henry Ford, célèbre constructeur automobile américain, l’ouvrage <em>«  The International Jew : The world&#8217;s Foremost Problem »</em> qui rassemble les discours antisémites de l’époque. Discours qui justifient la destruction des juifs pour une question d‘hygiène politique et dont on retrouve la trace dans certains passages de <em>Mein Kampf</em> :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce sera la tâche de l&#8217;Etat du Peuple de mettre la race au centre de la vie de la communauté. Il devra s&#8217;assurer de la pureté de la souche raciale. Il devra proclamer la vérité, c&#8217;est-à-dire que les enfants sont la possession la plus précieuse qu&#8217;un peuple puisse avoir. Il devra faire en sorte que seuls ceux qui sont en bonne santé puissent avoir des enfants ; il n&#8217;y a qu&#8217;une seule infamie, pour les parents qui sont malades ou qui ont des tares héréditaires c&#8217;est de mettre des enfants au monde et dans ce cas c&#8217;est un grand honneur de s&#8217;abstenir de le faire. (2)</em></p>
<p style="text-align: justify;">Pour la sauvegarde de la race aryenne, l’eugénisme nazi s&#8217;appuiera donc sur une organisation sans faille&#8230; qui apparaît aujourd’hui comme révoltante sur le plan des idées.</p>
<h3>Une société sous le joug d’une machine à tuer</h3>
<p style="text-align: justify;">Hitler entouré de ses conseillers les plus zélés décline son idéologie par l’intermédiaire des médias et met en œuvre une propagande à grande échelle. Celle-ci est menée tambour battant par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Goebbels" target="_blank">Goebbels</a> dont l’alter ego chez Harry Potter est sans doute Dolores Ombrage. Cette dernière supervise en effet la création de pamphlets à destination du public, par exemple <em>Les Moldus et les dangers qu’ils posent à une société pure sang pacifique</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Écho fort à la propagande nazie antisémite, et plus largement vers les minorités considérées « dégénérées » (Tziganes, handicapés, homosexuels, etc.), Dolores Ombrage prend des traits d’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Himmler" target="_blank">Himmler</a> qui, lui, crée les premiers camps de concentration. En poste au sein du Ministère de la Magie, Responsable de la Commission d’Enregistrement des Né-Moldus, elle interroge ceux dont la pureté est soumise à débat. Les privant de leur baguette, qui reste la définition même du sorcier, elle les rend impuissants face à son jugement.</p>
<p style="text-align: justify;">Voldemort engage, à l’instar d’Hitler, une véritable purge du monde des sorciers. Toute suspicion de « sang mêlé » est réprimée. Des rafles sont organisées afin de traduire les suspects devant la commission du ministère. Certains se feront même graver « Sang-de-bourbe » –  nom donné aux sorciers métissés –  sur l’avant-bras en représailles de leurs origines. La référence aux tatouages des camps de concentration fait froid dans le dos !</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce n&#8217;est pas tout, le « seigneur des ténèbres » a également fait du vide au niveau politique, à l’instar de son alter ego historique. Il place des sympathisants à des postes stratégiques au sein du Ministère de la Magie et élimine les &laquo;&nbsp;Sang-de-Bourbe&nbsp;&raquo; comme les traîtres au sang. Souvenons-nous qu’Hitler réussit, par le truchement d’une loi en 1933, à révoquer 2000 fonctionnaires et 700 universitaires juifs&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="385" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/EBS6OyuARME?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="385" src="http://www.youtube.com/v/EBS6OyuARME?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<h3><strong>D’une idéologie à une pseudo-science</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le Troisième Reich n’a pas seulement décimé, il a aussi contribué à promouvoir les êtres de race pure. Les couples mixtes sont dès lors humiliés sur la place publique et ce type d’union devient interdit. Dans les reliques de la Mort, une phrase de Voldemort suggère également cette extrémité : « <em>Elle voudrait en plus que nous nous accouplions avec eux</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Dans l&#8217;Allemagne de 1933, une loi instaure en juillet la stérilisation forcée des Allemands non-aryens. Des dizaines de milliers de personnes en seront victimes. Dans le même temps, un programme visant à purifier la race est  mis en place, appelé le <em>Lebensborn</em> : il vise à l’accroissement de la race aryenne. Les pensionnaires des établissements créées pour l&#8217;occasion étaient pour la plupart des filles-mères dont l’enfant était confié aux S.S. dès sa naissance. Auparavant, un interrogatoire strict sur la pureté de leur sang leur était réservé, à l’instar de la commission orchestrée par Dolores Ombrage.</p>
<h3>Harry Potter : un écho du passé ou un avertissement ?</h3>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui encore, l’eugénisme est l’objet de débats éthiques. La manipulation génétique est envisagée dans le but d’écarter certaines maladies mortelles, sans idéologie. Mais cela n’est pas sans poser de questions : comment définir la maladie ou mutation génétique qui doit être évitée ? Pour la mucoviscidose, on s’accorde sans mal, pour le daltonisme c’est plus discutable.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3207" title="chromosomes" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/12/chromosomes.jpg" alt="" width="516" height="344" /></span></p>
<p style="text-align: justify;">Dans le même domaine, le tri embryonnaire suscite de nombreuses discussions. Aujourd’hui  seule une cinquantaine d’enfants par an naissent via ce procédé, mais n’est-il pas amené à augmenter ? Pour les détracteurs de cette technique, c’est la porte ouverte à une société eugéniste&#8230; tandis que ses partisans défendent une technique encore marginale et encadrée.</p>
<p style="text-align: justify;">Au-delà des références à notre Histoire, JK Rowling et sa saga fantastique nous alertent sur les dérives d’un futur qui n&#8217;est pas si lointain. En appelant à notre devoir de mémoire, elle nous met en garde, consciemment ou non, sur la possibilité d’un monde porté par l’eugénisme. Le jeune sorcier et le monde dans lequel il évolue nous rappellent combien ces questions restent encore bien présentes dans l’esprit collectif. Mais après tout, la fiction peut traiter de nos peurs actuelles tant qu&#8217;elle garde le recul nécessaire que procure l’imaginaire.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Notes</span> :</p>
<p>1. Paul Weindling, Hygiène raciale et eugénisme médical en 	Allemagne, 1870-1932, La Découverte, Paris, 1998</p>
<p>2. Mein 	Kampf volume II chapitre 2 	<a href="http://www.hitler.org/writings/Mein_Kampf/mkv2ch02.html" target="_blank">http://www.hitler.org/writings/Mein_Kampf/mkv2ch02.html</a></p>
<p>&gt;&gt; Photos CC Flickr : <a href="http://www.flickr.com/photos/colm/" target="_blank">colm.mcmullan</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/nplove/" target="_blank">nplove</a></p>
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		<title>Une première enquête au prisme des SHS</title>
		<link>http://www.prismedetete.net/la-premiere-enquete-au-prisme-des-shs/</link>
		<comments>http://www.prismedetete.net/la-premiere-enquete-au-prisme-des-shs/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 26 Dec 2010 04:32:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthias Cléry</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le prisme]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[Gayané Adourian]]></category>
		<category><![CDATA[sociologues]]></category>

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		<description><![CDATA[La première année de Prisme de tête aura été marquée par une grande enquête de Gayané Adourian dédiée au changement climatique "vue les par les SHS". Pour leur travail universitaire, Matthias et Xavier reviennent sur cette expérience originale.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Un regard profond, un sourire charmeur, une voix animée…Rencontrer Gayané Adourian, c’est faire connaissance avec quelqu’un de passionné qui veut faire sortir le journalisme scientifique de son petit carcan pour l’amener sur des terrains nouveaux.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3167" title="Gayané" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/12/Gayané.jpg" alt="" width="423" height="317" /></p>
<p style="text-align: justify;">Avec l’équipe de Pris(m)e de Tête, elle essaie de faire collaborer jeunes journalistes et jeunes chercheurs en sociologie des sciences. Le moyen ? L&#8217;étude, entre autre, des grands débats de société où l&#8217;expertise, la recherche et l&#8217;innovation technologique sont parties prenantes.</p>
<h3>Première enquête sur Pris(m)e de tête</h3>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;aventure commence en février 2010 avec une réunion organisée par <a href="http://www.knowtex.com/user/Nicolas" target="_blank">Nicolas Loubet</a> qui va tout déclencher. D&#8217;un côté  Marine Soichot, alors doctorante en sociologie et sciences de l’information et de la communication au Museum National d’Histoire Naturelle et à l&#8217;origine de <em>Pris(m)e de tête</em>, un blog consacré aux sciences vues par le prisme des sciences humaines et sociales.</p>
<p style="text-align: justify;">De l&#8217;autre, quatre jeunes journalistes scientifiques dont elle fait partie : l&#8217;enquête climat peut commencer&#8230; Elle accepte le challenge de regarder les relations qui existent entre les différents acteurs de la controverse sur le climat – (sujet alors brûlant au lendemain du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conférence_de_Copenhague_de_2009_sur_le_climat" target="_blank">sommet de Copenhague</a>) !</p>
<p style="text-align: justify;">Motivé par les quelques cours de climatologie suivis pendant ses études de Sciences de la Terre, la jeune journaliste scientifique se plonge rapidement dans le sujet. L’idée de l&#8217;enquête : s&#8217;appuyer sur les travaux (thèses) de jeunes chercheurs en sociologie pour essayer de mieux appréhender les débats qui font l&#8217;actualité.</p>
<p style="text-align: justify;">Moins connus, ces chercheurs – Jean-Baptiste Comby, Marine Soichot, Benoit Urgelli pour ne citer qu&#8217;eux – ont pourtant des points de vues nouveaux et pertinents. L’apport novateur du <em>Pris(m)e de Tête</em> est également d’essayer de mettre en avant les jeux d&#8217;acteurs et les relations qui existent entre eux en se décalant légèrement du débat scientifique en tant que tel.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, toute cette masse d&#8217;information est difficile à intégrer. Il faut toujours garder sa ligne directrice en tête sans se laisser convaincre par des spécialistes ! Avec le temps elle a su prendre un peu de distance et s&#8217;extraire du débat parfois violent entre les parties prenantes de la controverse.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3169" title="puzzle" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/12/puzzle.jpg" alt="" width="493" height="329" /></p>
<p style="text-align: justify;">Comme l’angle envisagé est nouveau, il nécessite une enquête à part entière – interviews (en compagnie de Nicolas Loubet), discussions avec des acteurs et des observateurs (les sociologues), revue et collecte d’articles sur Internet afin de constituer des <a href="http://www.knowtex.com/weblist/climat_733" target="_blank">Weblists </a>(disponible sur <a href="http://www.knowtex.com" target="_blank">Knowtex</a>)… bref rassembler de la matière ! Plusieurs mois seront nécessaires (il s&#8217;agit d&#8217;un prototype) mais c&#8217;est aussi l&#8217;occasion d&#8217;appréhender une nouvelle forme d’écriture (plus &laquo;&nbsp;sociologique&nbsp;&raquo;).</p>
<p style="text-align: justify;">Le 20 septembre 2010, après des dizaines (!) d&#8217;heures d’écritures, de nombreuses relectures par son entourage professionnel, et quelques nuits blanches, le <a href="http://www.prismedetete.net/une-enieme-enquete-sur-le-climat%c2%a0/" target="_blank">premier billet</a> paraît sur le site. Neuf autres seront mis en ligne en cinq semaines, clôturant ainsi le scénario de publication initialement prévus.</p>
<p style="text-align: justify;">“<em>L’écriture fut difficile mais enrichissante”</em>, avoue Gayané, “<em>en particulier grâce aux remarques et débats </em><em>que j&#8217;ai </em><em>pu avoir de la part de <a href="http://benoit.urgelli.free.fr/" target="_blank">Benoit Urgelli</a></em><em>, docteur en sciences sociales ainsi que celles de mes collègues de Pris(m)e de Tête</em>.” Pour autant, le travail n&#8217;est pas encore fini ! Elle a participé notamment à deux émissions de radio sur  <a href="http://www.rechercheencours.fr" target="_blank">Recherche en cours</a>, en compagnie de sociologues et/ou climatologues et qui sont disponibles en ligne.</p>
<p style="text-align: justify;">Toujours sur le vif, Gayané, qui aime se définir maintenant comme une journaliste “mutante” avec un œil sociologique et scientifique, a co-écrit (avec Benoit) deux autres billets publiés le 23 novembre 2010 portant sur le débat à l’Académie des sciences qui ont généré ensuite <a href="http://www.prismedetete.net/debat-a-lacademie-des-sciences-le-triomphe-de-claude-allegre/" target="_blank">une discussion </a>des plus intéressantes dans les commentaires. L’enquête climat n’est donc pas tout à fait close mais juste en veille… car maintenant c’est la question du nucléaire qui la préoccupe, billets à suivre sur <em>Pris(m)e de tête</em> !</p>
<p lang="fr-FR">&gt;&gt; Photo CC Flickr : <a href="http://www.flickr.com/photos/andivszf/" target="_blank">andi.vs.zf</a></p>
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		<title>Une pelle, un sceau, un Pris(m)e de tête !</title>
		<link>http://www.prismedetete.net/une-pelle-un-sceau-un-prisme-de-tete/</link>
		<comments>http://www.prismedetete.net/une-pelle-un-sceau-un-prisme-de-tete/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 24 Dec 2010 01:31:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthias Cléry</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le prisme]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Marine Soichot]]></category>
		<category><![CDATA[prisme de tête]]></category>
		<category><![CDATA[sciences humaines]]></category>

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		<description><![CDATA[Matthias et Xavier suivent la licence de médiation scientifique de l'Université Paris Diderot. Dans le cadre d'un module dédié aux "médias", ils ont sollicité Marine Soichot pour appréhender l'origine et le futur de Prisme de tête. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><strong>&laquo;&nbsp;On peut faire des choses sérieuses sérieusement mais sans se prendre au sérieux&nbsp;&raquo;</strong></em><strong>, s&#8217;exclame <a href="http://www.soichot.com/" target="_blank">Marine Soichot</a>, doctorante en sociologie et sciences de l’information et de la communication au </strong><a href="http://www.mnhn.fr/museum/foffice/transverse/transverse/accueil.xsp" target="_blank"><strong>Museum National d’Histoire Naturelle </strong></a><strong>(MNHN). C&#8217;est à partir de ce constat qu&#8217;elle a fondé en 2009 le blog <em>Pris(m)e de tête</em></strong><strong>.</strong></p>
<p style="text-align: center;" lang="fr-FR"><img class="aligncenter size-full wp-image-3152" title="Marine Soichot" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/12/Marine-Soichot.jpg" alt="" width="259" height="227" /></p>
<p lang="fr-FR">
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">Le parcours de cette jeune femme est à l’image de son caractère : surprenant d’inventivité et de détermination. Marine a d&#8217;abord fréquenté l’<a href="http://www.ens-cachan.fr/" target="_blank">Ecole Normale Supérieure Cachan</a> où elle a obtenu une maîtrise de biologie cellulaire et moléculaire. Après un an de préparation à l’agrégation de SVT (qu’elle a obtenue), elle entame un Master &laquo;&nbsp;Histoire des Sciences, Technologies, Sociétés&nbsp;&raquo; au <a href="http://www.koyre.cnrs.fr/" target="_blank">Centre Alexandre Koyré</a> avant d’intégrer le MNHN en Master de muséologie . Elle termine aujourd’hui une thèse au MNHN.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">Au cours de ses études à l’ENS Cachan, deux expériences vont marquer sa trajectoire. Tout d’abord, alors que tous ses camarades manient pipettes et éprouvettes dans des labos de biologie moléculaire, elle effectue un stage  au <a href="http://www.palais-decouverte.fr/index.php" target="_blank">Palais de la découverte</a>. Elle y découvre un &laquo;&nbsp;bac à sable intéressant&nbsp;&raquo; fourmillant &laquo;&nbsp;d&#8217;expériences communicationnelles&nbsp;&raquo; où différents médias se rencontrent dans des formes soigneusement réfléchies, sur des sujets bien approfondis.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">Marine a ensuite eu la chance de participer à une petite expérience proposée par l’un de ses professeurs. Une directive simple &laquo;&nbsp;Prenez un sujet et faîtes ce que vous voulez mais rencontrez des gens&nbsp;&raquo; se transforme pour elle en véritable investigation sur l’affaire Cirad/José Bové et son traitement dans la presse (1). Elle découvre alors un autre visage de &laquo;&nbsp;les sciences en société, prises comme objet d’étude&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">En voulant pousser plus loin cette démarche, elle se tourne naturellement vers le centre Koyré puis le MNHN, sur les conseils de <a href="http://www.koyre.cnrs.fr/spip.php?article90" target="_blank">Christophe Bonneuil</a> du Centre Koyré, rencontré lors de sa petite enquête. Son souhait ? Mêler une controverse scientifique et son traitement dans les médias&#8230; <a href="http://www.soichot.com/3-ans-de-travail-en-une-demi-page/">La thèse</a> qui en découle portera sur le changement climatique comme &laquo;&nbsp;problème public&nbsp;&raquo; et son traitement par les musées et centres de sciences.</p>
<p lang="fr-FR">
<h3 lang="fr-FR">Et le web dans tout ça ?</h3>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR"><em>&laquo;&nbsp;J&#8217;avais parfois envie de laisser de longs commentaires sur les blogs de sciences pour dire que tel aspect pointé par un blogueur et praticien de la recherche, était déjà étudié en sociologie&nbsp;&raquo;</em>. Très vite, elle se rend compte d&#8217;un manque de communication au niveau des sciences humaines. La blogosphère, bavarde de sciences, ignorante de la sociologie des sciences ?</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">Au même moment,  Mathieu Moslonka-Lefebvre et Cyrielle Barbot lui proposent de participer comme relectrice au projet de journal de l’association <a href="http://www.prismeaidee.net" target="_blank">Prisme à idées</a> &#8211; une revue semestrielle de médiation scientifique &#8211; ce qu&#8217;elle accepte. L&#8217;idée germe alors de lancer dans le cadre du Prisme un blog sur les sciences vues par les sciences humaines et sociales. Un blog, pourquoi pas, mais à condition que &laquo;&nbsp;les choses se fassent&nbsp;&raquo; !</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">En effet, après l’échec d’une Boutique des Sciences ou Science Shop (cabinet  d&#8217;étude et de conseil scientifique à but non lucratif)  à l’ENS Cachan, Marine voulait élaborer un &laquo;&nbsp;<em>side project</em>&nbsp;&raquo; concret et solide. Il ne reste alors plus qu’a trouver 4 ou 5 collaborateurs qui publieraient un billet par mois. Début d&#8217;année 2009,  Marine fait face aux refus répétés des doctorants qu’elle rencontre. <em>&laquo;&nbsp;Ils préfèrent écrire sur le support papier, ça fait peut-être plus sérieux…&nbsp;&raquo;</em>. Qu’à cela ne tienne, c’est elle qui commence à écrire.</p>
<p style="text-align: center;" lang="fr-FR"><img class="aligncenter size-full wp-image-3156" title="machine à écrire" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/12/machine-à-écrire.jpg" alt="" width="512" height="288" /></p>
<p lang="fr-FR">
<p lang="fr-FR">
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">L&#8217;ouverture du blog se fait le 8 octobre 2009 avec la publication d&#8217;un <a href="http://www.prismedetete.net/pourquoi-regarder-les-sciences-par-le-prisme-des-sciences-humaines-et-sociales/" target="_blank">billet inaugural </a>d&#8217;une star de sociologie des sciences : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Pestre" target="_blank">Dominique Pestre, historien et sociologue des sciences de l’EHESS</a>. Sur Pris(m)e de Tête, il n&#8217;y a pas encore de collaborateur permanent, mais des contributeurs occasionnels. Au rythme moyen d’une publication par semaine, &#8211; des billets ont été accumulés pendant un an – le blog peut se vanter de tenir ses promesses. Mais voilà, de son propre aveu, Marine n&#8217;est pas <em>&laquo;&nbsp;une machine à écrire&nbsp;&raquo;</em>, et la présence de collaborateurs permanents est vitale. Une  nouvelle problématique se pose surtout que la jeune femme arrive à un épisode crucial dans sa vie de doctorante, les derniers mois de thèse&#8230;</p>
<p lang="fr-FR">
<h3 lang="fr-FR"><strong>Un nouveau visage, des nouveaux visages !</strong></h3>
<p lang="fr-FR">
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">Le 3 Février 2010, le <a href="http://www.prismeaidees.net/le-prisme-n°2-ecologie-urbaine/" target="_blank">deuxième numéro </a>du <em>Prisme à Idées</em> est publié. L&#8217;occasion d&#8217;une soirée de lancement. Parmi les personnes présentes, un jeune homme aux yeux pétillants, la tête pleine d’idées et de motivation, <a href="http://www.knowtex.com/user/Nicolas" target="_blank">Nicolas Loubet</a> - co-fondateur de l’agence de services multimédia <a href="http://www.umaps.fr">Umaps</a> - discute de ci, de là, et finit par croiser le chemin de Marine.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">Cette rencontre va donner une nouvelle impulsion à Pris(m)e de Tête. Nicolas a en effet les poches pleines de compétences et de personnes. Il se charge, avec Umaps, de donner un nouveau visage au blog : simple, clair, plus agréable et complet. Il organise aussi une rencontre entre Marine et quatre jeunes journalistes : <a href="http://www.knowtex.com/user/Marion" target="_blank">Marion Sabourdy </a>(&laquo;&nbsp;community manageuse&nbsp;&raquo; du média social <a href="http://www.knowtex.com" target="_blank">Knowtex</a>), <a href="http://www.knowtex.com/user/Gaya" target="_blank">Gayané Adourian</a>, <a href="http://www.knowtex.com/user/Audrey" target="_blank">Audrey De Santis</a> et <a href="http://www.knowtex.com/user/henri" target="_blank">Henri Jautrou</a>&#8230; qui se décident rapidement à entrer dans l&#8217;aventure. Marine peut-être satisfaite : son bac à sable prend forme !</p>
<p lang="fr-FR">
<h3 lang="fr-FR"><strong>Les jeunes d’abord</strong></h3>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">Pour elle, c&#8217;est très important que <em>Pris(m)e de tête</em> reste dans l’esprit qui est celui du <em>Prisme à Idées </em>: un tremplin, un lieu d’expérimentation au sein d’une équipe où jeunes journalistes et jeunes chercheurs peuvent faire leurs armes. Les premiers amènent leur savoir-faire en termes d’écriture, les deuxièmes trouvent un nouveau moyen d’exprimer leurs idées. Son rôle sera de faciliter et de faire la jonction entre les deux grâce à son carnet de contacts.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">Autre volonté affichée : « <em>rajeunir une médiation scientifique qui a la prétention d’enseigner ce qu’il faut savoir</em> » sans vraiment se soucier de ce qui peut aussi intéresser les publics. Preuve en est faite avec le record de fréquentation pour l’article &laquo;&nbsp;<a href="../../../../../quand-philosophes-et-sociologues-se-renvoient-la-balle/">Quand philosophes et sociologues se renvoient la balle</a>&laquo;&nbsp;, réponse à une intervention d’un enseignant-chercheur d’informatique de l’UPMC,<a href="http://www.knowtex.com/user/ganascia" target="_blank"> Jean-Gabriel Ganascia</a>.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR"><em>Pris(m)e de tête</em> est un &laquo;&nbsp;média d’interface&nbsp;&raquo; où la priorité est donnée sur la nouveauté des processus, notamment par des possibilités de collaboration entre jeunes chercheurs et jeunes journalistes mais aussi entre journalistes scientifiques et journalistes politiques. En tant que média web, il lui faut également intégrer de multiples contenus et ne pas se contenter d’être un blog purement écrit : le web est suffisamment riche pour permettre d’intégrer de nombreux autres médias dans l’équation. Par exemple, les émissions radiophoniques sur le site de <a href="http://www.rechercheencours.fr" target="_blank">Recherche en cours</a> grâce à <a href="http://www.knowtex.com/user/jmgalan" target="_blank">Jean-Marc Galan</a>, un partenaire de <em>Pris(m)e de tête</em> peuvent ensuite être reprises sur le site.</p>
<p style="text-align: center;" lang="fr-FR"><img class="aligncenter size-full wp-image-3158" title="mains ok" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/12/mains-ok.jpg" alt="" width="499" height="374" /></p>
<h3 lang="fr-FR">Quel futur pour Pris(m)e de tête ?</h3>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">Dans un avenir relativement proche, Marine souhaiterait que se développe une alliance encore plus forte avec les différents sites partenaires en proposant, par exemple, des chroniques régulières estampillées <em>Pris(m)e de tête</em> dans l’émission Recherche en cours. Que les échanges et reprises d’articles continuent avec<a href="http://www.citizenbrain.eu" target="_blank"> Citizen Brain</a> ou le <a href="http://www.cafe-sciences.org" target="_blank">C@fé des Sciences</a> également. Un dossier sur la controverse sur les nanotechnologies est envisagé avec <a href="http://www.sciences-et-democratie.net" target="_blank">Sciences et Démocratie</a> et <a href="http://nanostelia.wordpress.com/" target="_blank">Nanostelia</a>. C’est vers ce genre de rassemblement que le blog voudrait tendre.</p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR"><em>Prisme à idée</em>s et <em>Pris(m)e de tête</em> tentent d’ailleurs de se réunir dans un portail commun : le Prisme. Tout ce petit monde ne désespère pas de développer un troisième volet aux deux Prismes existants en lorgnant cette fois du côté de la formation en entreprise, afin de <em>&laquo;&nbsp;casser le clivage entre le monde de la recherche publique académique et celui des entreprises privées&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: justify;" lang="fr-FR">En un an déjà d’existence, <em>Pris(m)e de tête</em> a connu un beau développement et a su montrer une grande capacité à réagir à l’actualité&#8230;.et ce n&#8217;est pas fini. Le travail de Marine et des différents intervenants sur le blog laisse à penser qu’il devrait se développer encore plus dans les mois qui arrivent. Les idées sont loin d’être taries chez l’équipe de <em>Pris(m)e de tête</em> !</p>
<p lang="fr-FR"><span style="text-decoration: underline;">Notes</span> :</p>
<p lang="fr-FR">1. Mémoire optionnel de Marine : &laquo;&nbsp;Les 	relations entre sciences, médias et société: l&#8217;exemple des OGM à 	travers l&#8217;affaire Cirad/José Bové dans la presse&nbsp;&raquo;.</p>
<p>&gt;&gt; Photos CC Flickr : <a href="http://www.flickr.com/photos/welcometoalville/" target="_blank">welcometoalville</a> &amp; <a href="http://www.flickr.com/photos/aidan_jones/ " target="_blank">aidan_jones</a></p>
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		<title>WikiLeaks : information, pouvoir et « démocratie » à l’ère d’Internet</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Dec 2010 20:54:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Francesca Musiani</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[états]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[société numérique]]></category>
		<category><![CDATA[WikiLeaks]]></category>

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		<description><![CDATA[La publication massive de câbles diplomatiques par le site WikiLeaks est un moment d’épreuve pour nos démocraties occidentales. Une transgression tout à fait novatrice qui entraîne des changements radicaux dans la conceptualisation de la « machine » de l’information.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C’est à l’Internet, le « réseau des réseaux », que l&#8217;on peut attribuer le rôle d’instrument principal de l’effort de WikiLeaks de dégonder les coffres-forts diplomatiques de la puissance américaine et d’en extraire les secrets du monde entier. Les réseaux ubiquitaires et rapides d’aujourd’hui changent le concept de secret comme ils reconfigurent la notion de transparence.</p>
<p style="text-align: justify;">Que peut signifier un sceau de confidentialité sur un rapport d’ambassadeur quand une base de données diplomatiques peut être dévoilée en l’espace de quelques secondes ?  Jusqu’où arrive la définition de « public » &#8211; au sens d’évident et transparent &#8211; à l’ère où le citoyen est amené au coeur même des flux informationnels de la documentation soi-disant protégée ?</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="ThereIsNothingNew-e1290887631334" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/12/ThereIsNothingNew-e1290887631334.jpg" alt="" width="448" height="288" /></p>
<h3>L’Internet ouvre la porte du pouvoir</h3>
<p style="text-align: justify;">« Ces maoïstes du Net ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de faire la publicité d&#8217;États autoritaires dont les leaders ne prennent pas les risques liés à la liberté de pensée et de presse » avait été un des premiers commentaires politiques des importants « leaks » de décembre. Les failles logiques de ce raisonnement sont évidentes mais celui-ci souligne la grande vulnérabilité des secrets d’État que l’affaire WikiLeaks a dévoilé.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, les démocraties &#8211; en premier lieu la démocratie américaine &#8211; sont les plus exposées à ces infiltrations de systèmes fermés par rapport aux Etats « autoritaires ». Deux hypothèses (non exclusives) sont envisageables : soit en raison de la plus grande liberté dont jouissent les médias dans ces démocraties, soit parce qu’elles suivent des règles et des procédures établies, connues et partagées au cours d’échanges privés de données sur leurs adversaires et alliés.</p>
<p style="text-align: justify;">Les États, y compris démocratiques, possèdent dans la boîte à outils qu’ils mobilisent dans leur exercice du pouvoir des procédures privées et des moments secrets au nom de la sécurité nationale. Mais les États démocratiques doivent désormais à leurs citoyens de plus en plus de transparence et de « publicité » car ces derniers ne se contentent plus de s’exprimer à posteriori sur un résultat déjà obtenu (ou sur l&#8217;absence de résultat). Grâce à la démultiplication et la rapidité de l’information, ils souhaitent connaître et suivre les mêmes procédés de formation, agrégation et choix des décisions.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="the-moment-of-truth" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/12/the-moment-of-truth.jpg" alt="" width="419" height="448" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le fait que les mécanismes de <em>decision-making</em> soient tout aussi pertinents que la décision elle-même entraîne d’importantes reconfigurations de la définition de citoyen. Le citoyen qui apprend à s’informer peut imposer de connaître. Tout ce qui crée un citoyen plus informé le rend plus exigeant.</p>
<p style="text-align: justify;">Il souhaitera que le flux d’information ne s’arrête pas, il ne renoncera pas à vivre l’histoire en direct, il saura mieux discerner tous les non-dits et les mensonges qui se cachent derrière l’arrestation de Julian Assange pour viol (ou pour harcèlement sexuel, ou pour <em>« sex by surprise »&#8230;) </em>quoique ce dernier veuille dire.</p>
<p style="text-align: justify;">Il suivra les résultats du procès d&#8217;Assange mais ne manquera pas de sourire amèrement devant des chefs-d’œuvre d’ingénuité comme la déclaration du ministre des affaires étrangères italien Franco Frattini qui s&#8217;est déclaré « soulagé » que « l’encerclement international, par bonheur, ait été couronné de succès ». Il saura mobiliser l’information dont il dispose pour distinguer entre infraction individuelle, responsabilité personnelle et intérêt général, une connaissance libre et publique et en tirer ses conclusions.</p>
<p style="text-align: justify;">Un tel citoyen saura aussi faire le tri des informations qui lui parviennent et saura mieux comprendre qui le gouverne, et comment, d’après les réactions de l’establishment politique aux différentes facettes de ce « Cablegate ». Il pourra en savoir plus sur les mécanismes du pouvoir en jugeant et observant les réactions de celui-ci face au dévoilement des secrets de la diplomatie.</p>
<h3>Les pouvoirs face à la « tempête » Wikileaks</h3>
<p style="text-align: justify;">Il est déjà clair, pour ce citoyen, que le système politique ne comprend pas le changement de saison, en termes de redistribution de pouvoir, dont WikiLeaks est porteur. Trop de réactions ces jours-ci témoignent du manque de compréhension de ce qu’est l’Internet comme outil politique et outil <em>de</em> politique, des croisements entre rupture et continuité qui s’y manifestent, de la constante redéfinition de ce que signifie le terme transparence.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme le souligne Stefano Rodotà, l’opportunité technologique d’accroître presque sans limites la récolte des informations et la capacité de les conserver dans des bases de données toujours plus importantes a été saisie. Mais il existe de plus en plus une dichotomie entre la culture des anciennes archives (protégés par les caractéristiques physiques des supports d’archivage) et la facilité <em>de facto</em> croissante de récupération, accessibilité et dissémination de l’information.</p>
<p style="text-align: justify;">Les effets politiques et sociaux de cette nouvelle dimension de la « documentalité », presque un nouveau savoir social, ont été saisis par les citoyens bien mieux que par les détenteurs des informations eux-mêmes, aveugles à l’augmentation parallèle de transparence et de vulnérabilité des données qu’elle comportait.</p>
<p style="text-align: justify;">Au delà des contenus spécifiques des <em>« leaks »</em> et des réactions à ces contenus, c’est un changement des équilibres de pouvoir qui se dessine et les Etats ne pourront pas, cette fois, l’affronter avec les outils ou les armes les plus classiques (l’exorcisme du bouc émissaire ou la réduction de dynamiques sociales et politiques face à des « problèmes » d’ordre public).</p>
<p style="text-align: justify;">WikiLeaks n’est déjà plus une urgence. Il est un modèle en train de stabiliser sa place dans la société . Sûrement déjà assez stable pour faire en soi que la « chasse aux hackers », ou le travail vers une plus grande sécurité physique et logique des bases de données, ne suffisent pas à l’extirper.</p>
<p style="text-align: justify;">On a par conséquent besoin de stratégies politiques et institutionnelles capables de se détacher du mécanisme « give-and-take » de la pure répression, acceptant le fait que certains des anciens privilèges du pouvoir pourraient ne plus jamais être rétablis.</p>
<p style="text-align: center;"><em><img class="aligncenter size-full wp-image-3119" title="GreatWall" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/12/GreatWall.jpg" alt="" width="448" height="336" /></em></p>
<p style="text-align: justify;">Rien ne sera plus comme avant pour les secrets donc… mais jusqu’où ? Finalement, c’est dans sa sélection des informations à disséminer et dans les modalités de cette diffusion que WikiLeaks, symbole du « nouveau monde » de la communication, se rapproche de l’ancien.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces <em>whistle-blowers</em> numériques ont en effet confié la sélection et la dissémination des informations à cinq grands journaux, dont les journalistes se sont engagés à éviter que la publication des documents puisse mettre en péril des droits fondamentaux ou la vie même des personnes, ou encore, puisse compromettre des opérations en cours.</p>
<p style="text-align: justify;">La presse écrite traditionnelle, à l’aide de ses supports papier et numériques à la fois – la même presse qui est de plus en plus considérée comme une espèce en voie d’extinction – s’est vue réattribuer une forme d’autorité, tout en la mettant au service des nouveaux flux d’information : la continuité dans la révolution.</p>
<p style="text-align: justify;">WikiLeaks est le détonateur, plus que le symbole, d’une approche institutionnelle possible, axée sur le droit à la connaissance comme opportunité démocratique. Les Etats ont plusieurs choix devant eux, mais celui de se retrancher dans les forces illusoires du secret n’en est plus un.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme a souligné John Naughton dans une lucide analyse pour le Guardian, <em>« (o)ur rulers have a choice to make: either they learn to live in a WikiLeakable world, with all that implies in terms of their future behaviour; or they shut down the internet. Over to them. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">L’information change, les institutions changent. Après l’avoir reconnu, il sera question de discuter les nouveaux équilibres entre public et privé, entre transparence et confidentialité.</p>
<p style="text-align: justify;">&gt;&gt; Images CC : <a href="http://picasaweb.google.com/AoC4WL/WikiLeaksPosters#5537878290721482178" target="_blank">Agents of Chaos</a> et<em> </em><a href="http://www.flickr.com/photos/pagedooley/" target="_blank">kevindooley</a></p>
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		<title>Théodore Monod scientifique 2.0</title>
		<link>http://www.prismedetete.net/theodore-monod-scientifique-2-0/</link>
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		<pubDate>Sun, 28 Nov 2010 21:09:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Monod</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[engagement]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>
		<category><![CDATA[interdisciplinarité]]></category>
		<category><![CDATA[MNHN]]></category>
		<category><![CDATA[recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Théodore Monod]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a 10 ans, avant l’explosion d’Internet en France, s’éteignait Théodore Monod. Souvent décrit comme “le dernier humaniste” ou “le dernier naturaliste”, ce scientifique n’était en rien un homme du passé, plutôt un modèle, très moderne, à suivre pour les chercheurs à venir.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Olivier Monod (</em><em>de la même famille &#8211; éloignée &#8211; que le sujet de cet article) est journaliste et co-fondateur de <a href="http://www.megalopolismag.com/" target="_blank">Megalopolis</a>.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a 10 ans, avant l’explosion d’Internet en France, s’éteignait Théodore Monod. Souvent décrit comme “le dernier humaniste” ou “le dernier naturaliste”, ce scientifique n’était en rien un homme du passé, plutôt un modèle, très moderne, à suivre pour les chercheurs à venir. Entre sciences, engagement et humanisme, il aurait pu être un parrain de <em>Pris(m)e de tête</em>.</strong></p>
<div style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3084" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/monod.jpg" alt="" width="512" height="327" /></div>
<p>Zoologiste, botaniste, géologue, philosophe, protestant, pacifiste, écrivain, aventurier, écologiste&#8230;. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9odore_Monod" target="_blank">Théodore Monod</a>, décédé à l&#8217;âge de 98 ans, le <a href="http://www.moncelon.fr/mortmonod.htm" target="_blank">22 novembre 2000</a>, a réussi le tour de force d’être un peu tout cela au cours de sa longue carrière. Cet homme “<a href="http://www.theodoremonod.com/index.htm" target="_blank">fou du désert</a>” ne doit pourtant pas être regardé comme un fossile, dernier représentant d’une espèce passée, mais bien comme un avant-goût du scientifique moderne.</p>
<h3><strong>L’interdisciplinarité comme mode de pensée</strong></h3>
<p>On ne refera pas ici l’énumération de ses secteur d’intérêts. “Peut-être ai-je eu tort de ne pas me spécialiser davantage. Mais il m’est impossible de ne pas m’intéresser à des domaines très divers. La curiosité me dévore. (&#8230;) Néanmoins les botanistes me croient botanistes et les géologues me croient géologues, ce qui prouve que j’ai pas complètement perdu mon temps.”</p>
<p>Cette curiosité englobant l’ensemble des sciences naturelles et au delà est salvatrice pour un scientifique. Aujourd’hui, dans les laboratoires de recherche, “les découvertes se font à cheval sur plusieurs discplines, s’exclame Brigitte Zanda, enseignante chercheuse au <a href="http://www.mnhn.fr/museum/foffice/transverse/transverse/accueil.xsp" target="_blank">Museum National d’Histoire Naturelle</a> de Paris où elle a croisé Théodore Monod en 1989. L’histoire des langues a avancé grâce à des recherches ADN sur les populations. Le problème reste que l’interdisciplinarité est encouragée dans la théorie mais pose beaucoup de problèmes administratifs dans la pratique.”</p>
<p>C’est pourquoi des champs interdisciplinaires sont obligés de s’organiser en de nouvelles disciplines à part entière, comme les sciences cognitives ou la biomécanique, mais la curiosité de l’individu doit rester intacte. “Il ne s’agit pas de maîtriser toutes les disciplines, mais d’être capable de comprendre suffisamment pour avancer”, avance Brigitte Zanda.</p>
<p>Cela corrobore le message aux jeunes générations de l’homme dont le buste trône dans le jardin des plantes. “Je leur dirais de conserver une grande curiosité de toute chose. Avoir envie d’apprendre et de savoir. D’apprendre à regarder.”</p>
<h3><strong>La spiritualité alliée à la sciences</strong></h3>
<p>Une curiosité que Théodore Monod a exercé en dehors du champ purement scientifique. Ecrivain, il a rédigé une vingtaine de<a href="http://www.amazon.fr/s/?ie=UTF8&amp;keywords=th%C3%A9odor+monod&amp;tag=googhydr0a8-21&amp;index=stripbooks&amp;hvadid=5232012179&amp;ref=pd_sl_6r13n4cdtk_b" target="_blank"> livres</a> historiques, autobiographiques ou même philosophiques, même s’il s’en défend. “Ce sont plutôt des opinions que l’énoncé de connaissances précises et scientifiques.”</p>
<p>Cette vision généraliste du monde qui l’entoure l’a poussé avant l’heure à se poser les questions d’éthique scientifique. Ce contemporain du désastre de Hiroshima sait que les découvertes techniques peuvent être utilisées à mauvais escient. Plutôt que de s’en remettre à un très politique comité d’éthique, il préfère en appeler à la morale personnelle.</p>
<p style="text-align: center;"><object style="width: 512px; height: 288px;" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="512" height="288" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.universcience.tv/swf/player.swf?isDeported=true&amp;autoStart=false&amp;mediaId=2114&amp;playerParamsUrl=http://www.universcience.tv/webservices/smartplayerConfig&amp;maxRelatedItemCount=10" /><embed style="width: 512px; height: 288px;" type="application/x-shockwave-flash" width="512" height="288" src="http://www.universcience.tv/swf/player.swf?isDeported=true&amp;autoStart=false&amp;mediaId=2114&amp;playerParamsUrl=http://www.universcience.tv/webservices/smartplayerConfig&amp;maxRelatedItemCount=10"></embed></object></p>
<h3>L’engagement dans la société</h3>
<p>Sa morale personnelle, rigoureuse et protestante, se résumait en une formule : le respect de la vie. Elle l’a poussé a prendre plusieurs engagements personnels en tant qu’homme et que scientifique. Il participait à un <a href="http://www.edition-grasset.fr/chapitres/ch_monod.htm" target="_blank">jeûne de protestation </a>de 4 jours entre le 6 et le 9 août devant le poste de commandement de l’armement nucléaire français à Taverny (Val d’Oise) en souvenir de Hiroshima et Nagasaki.</p>
<h3><strong>La volonté de transmettre</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">“Transmettre, c’est le coeur du Museum”, s’enflamme Brigitte Zanda. En effet, à l’origine, les départements sont conçus pour que galerie d’exposition, laboratoires et réserves se côtoient. Une manière de lier recherche et grand public. Pas étonnant que Théodore Monod, véritable enfant du Museum, soit également un <a href="http://www.lexpress.fr/culture/livre/theodore-monod_800593.html">bon communiquant</a>. De part ses livres ou ses émissions télévisées et radiophoniques, il montre l’exemble d’un scientifique présent dans la société civile.</p>
<p style="text-align: justify;">La responsabilité des scientifiques au sein d’une société humaine ne peut être éludée. “Les politiques ne pensent pas à l’avenir à une échelle suffisante. Ils ne réfléchissent jamais à long terme. Ce qui va se passer dans cinq cents ans ne les intéresse pas. Pour eux, cinq cents ans, c’est l’éternité. Pour nous, biologistes, c’est demain matin.”</p>
<p style="text-align: justify;">Dès lors, il attire notre attention très tôt sur des problèmes qui nous préoccupent aujourd’hui. Déchets nucléaires. “Le problèmes des déchets est loin d’être réglé, quoiqu’en disent ces messieurs d’EDF. On les enfouit pour le moment dans le sol, or certaines de ces matières dangereuses doivent être stockées pendant des siècles. Et nul ne peut savoir à l’avance si dans cinq cents ans, un mouvement de terrain, un déplacement d’une couche par rapport à une autre, ne se sera pas produit.”</p>
<p style="text-align: justify;">Le respect des animaux. “Lorsqu’on est contraint de mettre un terme à l’existence d’un animal, il faut le faire proprement et rapidement. Le mieux bien sûr serait de ne pas avoir à lui ôter la vie.” L’écologie. “On fait de beaux discours sur la nature mais tant que cela rapporte on continue à la saccager.”</p>
<p style="text-align: justify;">La liste serait encore longue car l’homme n’était pas avare de pensée. Il aurait milité pour un gouvernement mondial sans uniformisation des cultures, pour un christianisme social, repoussant les valeurs de l’argent de la société capitaliste&#8230; Mais ces engagements et cette vie dévouée à la science ne lui ont pas permis de se consacrer pleinement à sa famille, à l’épanouissement de son couple et à l’éducation de ses enfants. Les hommes et les femmes de sciences d’aujourd’hui ont donc une occasion d’essayer de faire mieux que lui.</p>
<p><strong>Pour prolonger l’article</strong></p>
<p>Deux expositions rendent hommage à Théodore Monod en ce moment à Paris :</p>
<p>- <a href="http://www.mnhn.fr/museum/foffice/tous/tous/guidePratique/expositions/expoEnCours/fiche_exposition.xsp?i=1&amp;AE_ID=8696" target="_blank">Théodore Monod et la biodiversité</a>, jusqu’au 17 janvier 2011, au <a href="http://www.mnhn.fr/museum/foffice/tous/tous/guidePratique/lieuxVisiter/LieuxAVisiter/FLieuAVisiter.xsp?AE_ID=6375&amp;INFO_ID=101&amp;LIEU_ID=165&amp;MAN_ID=8477&amp;SITE_ID=10&amp;idx=0&amp;nav=liste" target="_blank">Cabinet d’histoire du jardin des plantes</a>.</p>
<p>- <a href="http://www.espacereinedesaba.org/spip.php?article178" target="_blank">Théodore Monod, la quête des encensiers du Yémen</a>, à l’<a href="http://www.espacereinedesaba.org/" target="_blank">Espace Reine de Saba</a>.</p>
<p>Propos de Théodore Monod tirés <a href="http://www.actes-sud.fr/catalogue/entretiens/terre-et-ciel">du livre </a>&laquo;&nbsp;Terre et ciel&nbsp;&raquo;, entretien avec Sylvain Estibal (Actes Sud, 1997).</p>
<p>&gt;&gt; Image CC Flickr : <a href="http://www.flickr.com/photos/gbaku/" target="_blank">gbaku</a></p>
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		<title>Soirée de lancement du n°3 du Prisme à idées</title>
		<link>http://www.prismedetete.net/soiree-de-lancement-du-n%c2%b03-du-prisme-a-idees/</link>
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		<pubDate>Fri, 26 Nov 2010 05:24:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Moslonka-Lefebvre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le prisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Objets interdisciplinaires par excellence, les réseaux constituent le coeur du n°3 de Prisme à idées avec une charte graphique totalement refondue. Le 16 décembre 2010, à l'ESPCI Paris Tech, aura lieu la soirée de lancement.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À l’heure de l’Internet mondialisé et des réseaux sociaux, le terme de réseau est devenu à la mode et l’on en oublierait presque que la recherche scientifique, elle aussi, étudie, modélise, utilise et développe des théories avancées autour de cette notion&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-large wp-image-3109" title="Prisme3" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/Prisme3-703x1024.jpg" alt="" width="422" height="614" /></p>
<p style="text-align: justify;">Pour s&#8217;en rendre compte, le Prisme vous invite à participer le 16 décembre à la soirée de lancement du n°3 de la revue <em><a href="http://www.leprisme.net" target="_blank">Le Prisme à Idées</a> </em>consacrée aux <strong><em>réseaux</em></strong>. Au programme : des invités de marque, une conférence-débat participative et un numéro de la revue offert ! La soirée se terminera par un cocktail (gratuit) propice aux échanges informels.</p>
<h3><strong>Des intervenants protéiformes</strong></h3>
<p>- <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bellanger" target="_blank">Pierre Bellanger </a>(sous réserves), Président-Fondateur de Skyrock</p>
<p>- <a href="http://www-poleia.lip6.fr/~kant/" target="_blank">Jean-Daniel Kant</a>, Spécialiste de la Modélisation des Systèmes Complexes</p>
<p>- <a href="http://www.cpdpconferences.org/L-Z/mathias.html" target="_blank">Paul Mathias</a>, Directeur de Programme au Collège International de Philosophie et Spécialiste des Réseaux</p>
<p>- <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Missika" target="_blank">Jean-Louis Missika</a> (sous réserves), Adjoint au Maire de Paris Chargé de l&#8217;Innovation, de la Recherche et des Universités</p>
<p>Le débat sera animé par <a href="http://www.merzagora.net/" target="_blank">Matteo Merzagora</a>, directeur scientifique du think-and-do tank <a href="http://www.cognition.ens.fr/traces/" target="_blank">Traces</a>.</p>
<h3><strong>Aspects pratiques de la soirée</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La soirée commencera à 19h30 à l’<a href="http://maps.google.fr/maps/place?cid=9168254231179522673&amp;q=ESPCI+ParisTech&amp;hl=fr&amp;cd=1&amp;ei=ZkHvTM63IYLPjgfokLCkBA&amp;sig2=I3oOQoKbk7g-kuh-nM7vcQ&amp;dtab=0&amp;sll=48.856062,2.331618&amp;sspn=0.044022,0.053378&amp;ie=UTF8&amp;ll=48.882554,2.254772&amp;spn=0,0&amp;z=13" target="_blank">ESPCI ParisTech</a>, Amphi Langevin, 10 rue Vauquelin, Paris 5<sup>e</sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour des raisons logistiques, merci de confirmer  votre présence en envoyant un courriel à <a href="mailto:mathieu.moslonka@leprisme.net">mathieu.moslonka@leprisme.net</a></p>
<h3><a href="mailto:mathieu.moslonka@leprisme.net"></a>Prisme et Prisme à idées</h3>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;association Le Prisme édite depuis 2008 une revue scientifique interdisciplinaire appelée <em>Le Prisme à Idées</em>. Les articles sont écrits exclusivement par de jeunes scientifiques issus de toute la francophonie et sont sélectionnés par un comité éditorial, puis corrigés et validés par un comité scientifique de relecture composé d&#8217;experts pour garantir la qualité des articles.</p>
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Débat à l’Académie des sciences : le triomphe de Claude Allègre ?</title>
		<link>http://www.prismedetete.net/debat-a-lacademie-des-sciences-le-triomphe-de-claude-allegre/</link>
		<comments>http://www.prismedetete.net/debat-a-lacademie-des-sciences-le-triomphe-de-claude-allegre/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 23 Nov 2010 09:24:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoit Urgelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Académie des Sciences]]></category>
		<category><![CDATA[Benoit Rittaud]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[médias]]></category>
		<category><![CDATA[socioscientifique]]></category>
		<category><![CDATA[transparence]]></category>
		<category><![CDATA[Valérie Masson-Delmotte]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.prismedetete.net/?p=2777</guid>
		<description><![CDATA[La presse française est unanime : le débat scientifique sur le climat est tranché, Claude Allègre débouté. Selon le rapport produit par l'Académie des Sciences, le lien entre évolution climatique récente et "pollution" anthropique au CO2 de l’atmosphère est solidement établi.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La <a href="http://news.google.fr/news/story?pz=1&amp;cf=all&amp;ned=fr&amp;cf=all&amp;ncl=dEnjJWI9K7IS4bMwiDfqdAWwFsNRM" target="_blank">presse française </a>est unanime : le débat scientifique sur le climat est tranché. Claude Allègre débouté. Les premières conclusions du <a href="http://www.knowtex.com/posts/changement-climatique-le-rapport-de-l-academie-des-sciences_15453" target="_blank">rapport de l’académie des Sciences</a> commandité par Valérie Pécresse (1) sont claires : le lien entre évolution climatique récente et &laquo;&nbsp;pollution&nbsp;&raquo; anthropique au CO2 de l’atmosphère est solidement établi.</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xffho9_les-theses-dyallegre-sur-le-climat-refutees_news?additionalInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xffho9_les-theses-dyallegre-sur-le-climat-refutees_news?additionalInfos=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">Pour autant, cette question de clôture du débat n&#8217;est pas nouvelle. Dès février 2007, le quatrième rapport d’expertise du GIEC affirmait que « <em>l’essentiel de l’accroissement observé sur la température moyenne globale depuis le milieu du XXe siècle est très probablement dû à l’augmentation observée des concentrations des gaz à effet de serre anthropiques</em> ». Cette information fut relayée par le journaliste Stéphane Foucart le 21 février 2007 dans <a href="http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&amp;type_item=ART_ARCH_30J&amp;objet_id=977729" target="_blank">La prochaine bataille du climat</a> (2) déclarant que <em>« la question de savoir si l&#8217;homme est le principal responsable du changement climatique en cours est bel et bien close. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, lorsqu’on lit <a href="http://knowtex.com/15453" target="_blank">le rapport</a> produit par les Académiciens et rendu public le 28 octobre 2010, la mesure est de mise. D&#8217;une part, les climatologues proches du GIEC affichent <a href="http://www.slate.fr/lien/29501/le-rapport-sur-le-climat-nest-pas-tout-fait-un-camouflet-pour-allegre" target="_blank">leur triomphe</a> et d&#8217;autre part, Claude Allègre et Vincent Courtillot, qui se sont <a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/10/28/97001-20101028FILWWW00511-rapport-sur-le-climat-allegre-satisfait.php" target="_blank">tous les deux exprimés sur la question</a> se disent également satisfaits par le contenu du rapport. Quelque chose ne semble donc pas cohérent…. ou alors, les deux parties ne s&#8217;expriment pas à propos des mêmes tenants et aboutissants.</p>
<h3>Un rapport écrit par des « non-spécialistes »&#8230;</h3>
<p style="text-align: justify;">Il est intéressant de s’attarder sur le contenu de ce rapport. S&#8217;agit-il d&#8217;un rapport vide ? Où sont les références scientifiques, si chères aux yeux des chercheurs, notamment celles  des experts qui se sont exprimés lors du débat à huit clos, le 20 septembre 2010 ? Le manque de transparence affiché lors de la mise en place de ce débat se reflète dans le texte d’un rapport totalement dépersonnalisé, fruit d’avancées et concessions des deux côtés.</p>
<p style="text-align: justify;">La paléoclimatologue <a href="http://www.lsce.ipsl.fr/Pisp/24/valerie.masson-delmotte.html" target="_blank">Valérie Masson-Delmotte</a> estime que « <em>la communauté des sciences du climat est très peu représentée à l&#8217;Académie, ce qui fait que le rapport a principalement été rédigé par des non-spécialistes. » </em>Certes des non-spécialistes des sciences du climat &#8230; mais des spécialistes de la pratique scientifique<em>, </em>représentants les<em> «mathématiques, physique, mécanique, sciences de l’univers, chimie, biologie et sciences médicales» </em>!<em> </em>D’ailleurs, même si le rapport déclare avoir voulu <em>« placer cette manifestation sous le signe de l’interdisciplinarité»,</em> il convient de souligner l’absence apparente de représentants géographes.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui parait original dans cette opération, c’est d’avoir placé les « climatologues » dans l’obligation de répondre aux interrogations d’autres scientifiques non-spécialistes. Dans ce sens, le rapport constitue bien la synthèse scientifique demandée par la ministre afin d’établir &laquo;&nbsp;<em>l’état actuel des connaissances scientifiques sur le changement climatique&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><img class="aligncenter size-full wp-image-2804" title="Académie" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/Académie.jpg" alt="" width="377" height="429" /></em></p>
<p style="text-align: justify;">Au sujet de ce débat, Valérie Masson-Delmotte note que<em> « le rapport reflète bien les contributions écrites et orales et présente à la fois les incertitudes et voies de recherche mais également des points qui ont été démontrés comme robustes. Il est également cohérent avec <a href=" http://royalsociety.org/WorkArea/DownloadAsset.aspx?id=4294972963" target="_blank">celui produit le mois précédent par la Royal Society</a></em><em> (équivalent de l&#8217;académie des sciences britannique) mais produit par la communauté des sciences du climat elle même. »</em></p>
<h3 style="text-align: justify;">… qui constitue une avancée dans le débat</h3>
<p style="text-align: justify;">La mise en confrontation des écrits publiés par le <a href="http://www.ipcc.ch/home_languages_main_french.htm" target="_blank">GIEC</a>, et remis en question par Vincent Courtillot, avec ceux de l’Académie des sciences et de la Royal Society montre que l’académie française <em>modère le degré d&#8217;affirmation de l&#8217;impact du CO2 anthropique sur le réchauffement, tout en resserrant la période de temps durant laquelle le CO2 aurait influencé l’évolution climatique  entre 1975-2003.</em></p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xffn8t_science-publique-vincent-courtillot_tech?additionalInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xffn8t_science-publique-vincent-courtillot_tech?additionalInfos=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.math.univ-paris13.fr/~rittaud/" target="_blank">Benoit Rittaud</a>, mathématicien et auteur du <a href="http://www.amazon.fr/Mythe-climatique-Benoît-Rittaud/dp/2021011321" target="_blank">Mythe Climatique</a> (2010) souligne un rapport construit qui permet  à chacun de s’y retrouver, à travers une sorte de « consensus mou ».</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Les carbocentristes peuvent souligner que l&#8217;Académie persiste à voir dans le CO2 une cause majeure de l&#8217;évolution du climat. Les climato-sceptiques peuvent eux, mettre l&#8217;accent sur les incertitudes qui sont reconnues à beaucoup de niveaux : sur les données disponibles, sur les modèles, sur le rôle des nuages&#8230; ». </em>Mais le rapport témoigne d&#8217;une avancée notable puisque de son point de vue, <em>« un tel rapport, aussi pondéré et mesuré aurait été impensable il y a encore quelques années. Preuve que les choses ont énormément bougé, même s&#8217;il reste beaucoup à faire. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Pour arriver à ce rapport, un petit retour en arrière s&#8217;impose. Rappelons que la tension monte chez les climatologues depuis le <em><a href="http://www.knowtex.com/posts/search?q=climategate" target="_blank">Climategate</a> </em>(novembre 2009) qui, s&#8217;il n&#8217;a pas eu beaucoup d&#8217;échos en France, a retenti différemment outre-atlantique, à quelques semaines du <a href="http://www.prismedetete.net/copenhague-ou-la-percee-mediatique-des-sceptiques/" target="_blank">Sommet de Copenhague</a> (décembre 2009).</p>
<h3 style="text-align: justify;">Un manque de transparence criant</h3>
<p style="text-align: justify;">Au prisme de la problématique de la transparence, cet événement constitue une date clé dans le débat car il a révélé le manque de transparence dans les communications entre chercheurs, et l’existence de communautés qui n’échangent pas forcément entre elles comme le voudrait l&#8217;éthique scientifique. Dans cette affaire, la méthode est difficilement acceptable mais révélatrice d&#8217;un vrai déficit de partage des données et des méthodes  entre chercheurs de différentes communautés, comme le révèlera d’ailleurs <a href="http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5g4rqzYTYkf9uW_kk7jmVBEwwXCLA" target="_blank">l’enquête parlementaire britannique</a> sur ce scandale (3).</p>
<p style="text-align: justify;">Deuxième étape : la fameuse <a href="../../../../../copenhague-ou-la-percee-mediatique-des-sceptiques/" target="_blank">conférence de Copenhague</a>. Là aussi, le manque de transparence est inquiétant : alors que l&#8217;on pouvait s&#8217;attendre à une information claire sur les tenants et aboutissants du sommet, c&#8217;est un flou artistique qui ressort de cette négociation politique. De plus, aucun décideur n&#8217;a pris d&#8217;engagements clairs pour réduire les émissions de CO2, enjeu majeur de la Conférence. Les représentants de la société civile auraient même été invité le dernier jour, à quitter la table des négociations (4).</p>
<p style="text-align: center;"><object style="width: 480px; height: 270px;" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/VUUsilvcoNY?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" /><embed style="width: 480px; height: 270px;" type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.youtube.com/v/VUUsilvcoNY?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">À cette époque, les climatologues se sentent de plus en plus menacés de discrédit social par la montée des discours sceptiques dans les &laquo;&nbsp;médias&nbsp;&raquo;. La tension monte jusqu&#8217;à la sortie de <em><a href="http://www.amazon.fr/Limposture-climatique-Ou-fausse-écologie/dp/2259209858" target="_blank">l’Imposture climatique</a></em> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Allègre" target="_blank">Claude Allègre</a> en février 2010 – en même temps que <em><a href="http://www.amazon.fr/Mythe-climatique-Benoît-Rittaud/dp/2021011321" target="_blank">le Mythe climatique </a></em>de Benoit Rittaud – et c&#8217;est la goutte d&#8217;eau qui fait déborder le vase.</p>
<p style="text-align: justify;">Se sentant insultés et calomniés, les représentants français proches du GIEC signeront en masse un appel lancé sous forme <a href="http://www.futura-sciences.com/fileadmin/Fichiers/images/Vie/Lettre2_Climatologues_1avril2010.pdf" target="_blank">de lettre</a> aux autorités de tutelle. L&#8217;initiative revient en partie à certains chercheurs du <a href="http://www.lsce.ipsl.fr/" target="_blank">Laboratoire des Sciences du Climat et de l&#8217;Environnement</a> (LSCE), dont Valérie Masson-Delmotte, qui rappelle que <em>« la lettre envoyée par les 600 scientifiques du climat avait pour demande principale l&#8217;organisation d&#8217;un débat scientifique approfondi permettant d&#8217;aller au fond des méthodes, données, théories, incertitudes et résultats. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Publié plus tôt que prévu à cause d&#8217;une fuite sur internet, la lettre est signée par plus de 400 chercheurs dès le premier jour. Et selon <a href="http://www.electron-economy.org/ext/http://www.lepost.fr/article/2010/04/26/2049385_petition-des-600-qui-sont-les-climatologues-en-colere-par-remy-prud-homme-professeur-emerite-des-universites.html#xtor=AL-282" target="_blank">les analyses de Prud’homme</a> (2010), « <em>les signataires semblent davantage des institutions que des individus. Ce sont apparemment des laboratoires entiers du CNRS, du CEA ou de l’IRD qui ont pétitionné, du directeur à l’ingénieur de recherche</em> […]. <em>Les chercheurs universitaires sont très minoritaires : 16%. Bien plus nombreux sont les chercheurs du CNRS (27%) et les chercheurs des grands organismes de recherche (40%) comme le CEA, l’IRD (anciennement l’ORSTOM), Meteo-France, ou l’IFREMER. […] »</em></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;intervention de Valérie Pécresse, alors ministre de la recherche et de l&#8217;enseignement supérieur marque un tournant. Le 1er avril 2010, <a href="http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2010/93/6/Courrier_VPa_Jean_SALENcON_141936.pdf">elle demande explicitement au président de l&#8217;académie des Sciences</a> d’éclairer le débat. Cependant la ministre n&#8217;hésite pas à réaffirmer dès ce moment que les climatologues signataires ont toute sa confiance, rappelant dans <a href="http://www.liberation.fr/sciences/0101627857-le-monde-du-climat-vire-allegre">un article pour Libération</a> que « c<em>e n’est pas par hasard si j’ai proposé que le climatologue <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Jouzel" target="_blank">Jean Jouzel</a></em><em> préside le Haut conseil de la science et de la technologie. C’est un signe de confiance du gouvernement envers cette communauté ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">Six mois plus tard s&#8217;organise alors le fameux débat à l&#8217;Académie des sciences…</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2829" title="academie" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/academie.jpg" alt="" width="640" height="256" /></p>
<p style="text-align: justify;">&#8230;qui se règle entre scientifiques, à <em>huis clos</em>. Pour autant, est-ce vraiment celui là qui était attendu par la plupart des citoyens? L’analyse des discours médiatisés sur les controverses climatiques soulignent fréquemment le manque de transparence scientifique et politique sur le sujet, une transparence légitimement sollicitée au regard des dimensions socialement vives de la question.</p>
<h3>Les citoyens demandaient de la transparence dès 2002</h3>
<p style="text-align: justify;">En préparation de la Conférence de Copenhague, le 29 septembre 2009, la première conférence mondiale de citoyens <em><a href="http://www.wwviews.org/" target="_blank">World Wide View on Global Warming</a>, </em>organisée en France par la Cité des Sciences et de l’Industrie et un groupe de chercheurs de l&#8217;École des hautes études en sciences sociales (EHESS)<em>,</em> avait souligné la demande de <em>« mise en place d’un système d’éducation et d’information […] pour tous les citoyens »</em>, le besoin de partage des connaissances et l’appel à une communication « en toute transparence ».</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, dès février 2002 à la conférence de citoyens en vue de la préparation du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sommet_de_la_Terre_2002" target="_blank">sommet de Johannesburg</a>, le panel de 16 citoyens français déclarait que <em>«  le problème lié aux changements climatiques nous concerne tous et ne doit plus demeurer l’apanage des scientifiques et des politiques</em> […] L<em>e citoyen n’est pas un intermittent de la vie politique mais l’acteur à part entière de son devenir » </em>(5).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette nécessité de savoir précisément où en sont les recherches, quels sont les nouveaux questionnements qui apparaissent, quels sont les niveaux d’incertitudes dans l’évaluation des risques climatiques, est primordiale. Elle explique la demande d&#8217;ouverture des données et des expertises dans le traitement des questions science société. Mais dans le cas de la question climatique, il s&#8217;agirait d&#8217;une véritable rupture avec le mode de communication consensuel et alarmiste mis en place depuis les années 1990, à la suite de la publication du premier rapport d’expertise du GIEC (6).</p>
<p style="text-align: center;"><object style="width: 480px; height: 270px;" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/px02zY0IG5g?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" /><embed style="width: 480px; height: 270px;" type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.youtube.com/v/px02zY0IG5g?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant Valérie Masson-Delmotte milite pour une transparence totale sur les données de son laboratoire, sur ses méthodes, ses résultats et les incertitudes autour de l&#8217;étude du climat. « A<em> titre personnel, je pense que nous n&#8217;avons absolument rien à cacher. Par exemple, les données qui sont acquises au LSCE sur les carottes de glace sont dès leur publication mises à disposition sur des bases de données internationales accessibles à tous. » </em>Mais est-ce le cas de tous les laboratoires, notamment ceux qui ont un contrat de confidentialité ? Apparemment, pas toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme le révèle l’enquête parlementaire britannique autour du <em>Climategate</em>, le britannique <a href="http://www.uea.ac.uk/env/people/facstaff/jonesp" target="_blank">Phil Jones</a>, qui dirige le <a href="http://www.uea.ac.uk/" target="_blank">Climat Research Unit</a>, avait précisé que les chercheurs ont agi <em>« conformément aux pratiques habituelles quand ils ont refusé de transmettre des données chiffrées notamment sur les températures dans le monde et qu&#8217;ils n&#8217;avaient pas cherché à tromper »</em>. Une déclaration inquiétante pour un scientifique, mais probablement liée à la proximité entre le monde des sciences et le monde politico-industriel.…</p>
<h3>Et si le débat avait été public ?</h3>
<p style="text-align: justify;">Que se serait-il passé si le débat avait été ouvert à des tiers, comme les journalistes ? Première réponse immédiatement soulignée par les scientifiques eux-mêmes : les postures des orateurs auraient été différentes, moins sereines.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un débat contradictoire, le discours du scientifique varierait donc en fonction de son public et des médiateurs présents dans la salle ? Probablement. Notamment lorsque s’exprime la crainte de retranscriptions infidèles, de mauvaises interprétations ou simplement de prises de positions partiales dans les mises en scène médiatique qui suivront le débat.</p>
<p style="text-align: justify;">D’ailleurs, le premier débat à l’académie des sciences en mars 2007 en témoigne. Deux débats coup sur coup, à huis clos, le 5 mars puis ouvert aux journalistes le 13 mars, avaient permis à Vincent Courtillot d&#8217;exposer les thèses solaristes qu&#8217;il explorait en collaboration <a href="http://www.academie-sciences.fr/membres/L/LeMouel_JL.htm" target="_blank">Jean Louis Le Mouël</a>.</p>
<p style="text-align: center;"><object style="width: 480px; height: 270px;" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xaqalr_vincent-courtillot-polemique-a-l-ac_tech?additionalInfos=0" /><embed style="width: 480px; height: 270px;" type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xaqalr_vincent-courtillot-polemique-a-l-ac_tech?additionalInfos=0"></embed></object><br />
<strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il est fort probable que le déconfinement de cette controverse et la bataille qui s’ensuivit entre les sceptiques et les journalistes de l’Association des Journalistes Scientifiques de la Presse d&#8217;Information défendant les carbocentristes français (voir <a href="http://www.ajspi.com/docs/Lettre%20ouverte.pdf" target="_blank">la lettre ouverte de l’AJSPI</a>, le 2 mars 2008), ont certainement favorisé le reconfinement de la controverse dans le cadre du récent débat à l’académie des sciences.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Benoit Rittaud, le débat à huit clos répond à la crainte d’une mise en scène médiatique source de conflits,…. mais également à la tradition de l’institution : « <em>Le huis clos a sans doute évité un côté &laquo;&nbsp;théâtral&nbsp;&raquo; qui n&#8217;aurait pas été propice à une discussion sereine. Une question était posée aux Académiciens, c&#8217;était aux Académiciens d&#8217;y répondre, et selon leur méthode habituelle de travail. Le huis-clos est tout à fait banal pour un débat de ce genre à l&#8217;Académie. » </em>Mais, comme en témoigne le <em>Climategate</em>, il faut se méfier des pratiques habituelles de communication, particulièrement autour d’une question conflictuelle comme celle de la responsabilité de l’homme dans l’évolution climatique.</p>
<p style="text-align: justify;">Valérie Masson-Delmotte est sensiblement du même avis. <em>« Le débat à huis clos présente sans aucun doute l&#8217;avantage de permettre une liberté de ton dans la discussion et l&#8217;expression de questions formulées par des non spécialistes. Tout a été fait pour favoriser une discussion la plus sereine possible. » </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em></em>Elément non négligeable, elle note également que « <em>la discussion générale </em>[lui]<em> a permis de comprendre le défi de transmettre à d&#8217;autres communautés de recherche les travaux</em> <em>conduits en sciences du climat ». </em>Espérerons alors qu’un jour les géographes, dont les méthodes d’investigation scientifique sont différentes des géochimistes et géophysiciens du climat, seront invités à participer à une co-construction de questionnements et de connaissances sur le sujet.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2802" title="perplexe" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/perplexe.jpg" alt="" width="448" height="348" /></p>
<p style="text-align: justify;">Certains constatent avec étonnement que les différents rapports, notamment celui de l&#8217;Académie des Sciences (<em>« La libre mise à disposition des données est une recommandation unanime, même si la forme qu’elle doit prendre est débattue. »</em>) mais aussi ceux relatifs au C<em>limategate</em> pointent un plus grand besoin de transparence et une meilleure prise en compte de l&#8217;avis des citoyens. Cela traduit une naïveté inquiétante de la plupart des climatologues sur le « socioscientifique », d&#8217;autant que le manque de transparence de l&#8217;expertise GIEC est également pointé par les sociologues depuis bientôt 20 ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Quoiqu’il en soit, même si nous entrons à l’évidence dans une période de reconfinement de la controverse, on peut sans risque affirmer que le rôle de Claude Allègre aura été de réinterroger la communication sociale des scientifiques mais également des journalistes sur le climat. Car si son livre n&#8217;avait pas provoqué la « colère des climatologues », il est très probable, à 90%, que le débat de l&#8217;académie n’aurait pas eu lieu (sic.).</p>
<p>Pour aller plus loin : <a href="http://www.knowtex.com/weblist/academie-des-sciences_1936" target="_blank">la weblist</a> relative au débat qui s&#8217;est tenu à l&#8217;Académie, par <a href="http://twitter.com/#!/jphgirard" target="_blank">Jean-Philippe Girard</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Notes</span> :</p>
<p style="text-align: justify;">(1) Rapport commandité par la ministre 6 mois auparavant suite à &laquo;&nbsp;<a href="http://www.clubdesargonautes.org/actualites/news2010/appelasignature.php" target="_blank">l’appel des 600 climatologues</a>&laquo;&nbsp;.</p>
<p style="text-align: justify;">(2) Article publié dans le journal Le Monde.</p>
<p style="text-align: justify;">(3) AFP, mars 2010.</p>
<p style="text-align: justify;">(4) Voir le film documentaire 	de Jean-Philippe Amar « <a href="http://www.europeimages.com/fr/programmes/4863-derniere-negociation-copenhague-2009-la/" target="_blank">Copenhague 2009, chronique d&#8217;un accord 	inachevé</a> », Canal Plus, 2010.</p>
<p style="text-align: justify;">(5) <a href="http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/conferen/climat/conference_citoyen.htm" target="_blank">Rapport 	« Changements climatiques et citoyenneté »</a>, 	9 et 10 février 2002.</p>
<p style="text-align: justify;">(6) Roqueplo, 1993.</p>
<p style="text-align: justify;">Images CC Flickr : <a href="http://www.flickr.com/photos/lcisa/" target="_blank">Center of images in Science and Art_UL</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/lethalpossum/" target="_blank">Thomas Leplus</a> et <a href="http://www.flickr.com/photos/oberazzi/" target="_blank">Oberazzi</a></p>
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		<item>
		<title>Communication sur la controverse climatique : peut mieux faire !</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Nov 2010 09:23:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gayané Adourian</dc:creator>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[climato-sceptique]]></category>
		<category><![CDATA[communication scientifique]]></category>
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		<description><![CDATA[À la suite des événements du Climategate et de l'échec de Copenhague en 2009 des questions légitimes ont été posées par la société à la communauté des chercheurs en sciences du climat. Lorsque la réponse à une demande sociale de transparence se traduit in fine par des échanges à huis clos, c'est qu'il existe un problème de communication.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">À la suite des événements du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_des_emails_du_Climatic_Research_Unit" target="_blank">Climategate</a> et de l&#8217;échec de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conférence_de_Copenhague_de_2009_sur_le_climat" target="_blank">Copenhague</a> en 2009, des questions légitimes ont été posées par la société à la communauté des chercheurs en sciences du climat. Lorsque la réponse à une demande sociale de transparence se traduit <em>in fine </em>par des échanges à huis clos, c&#8217;est qu&#8217;il existe un problème de communication. En septembre dernier, les citoyens ont assisté à la maladroite clôture de la controverse, son confinement par les scientifiques au sein de l’Académie des sciences.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><em><img class="aligncenter size-full wp-image-2861" title="citoyens_une" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/citoyens_une.jpg" alt="" width="573" height="288" /><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est en soulignant ce manque de transparence qui caractérise la controverse climatique que les climato-sceptiques ont pu, à partir du Sommet de Copenhague et en insistant sur ce point, s&#8217;insérer dans le débat apparemment trop souvent fermé par les représentants scientifiques désignés par les gouvernements.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès lors, une véritable « guerre » de scientifiques s&#8217;est déclenchée : même la prestigieuse revue <em><a href="http://www.nature.com/" target="_blank">Nature</a> </em>a publié un édito intitulé <strong><em><span style="font-weight: normal;">Climate of fear (1)</span></em><em> </em></strong>comparant les climato-sceptiques à des adeptes du combat de rues.  Mais cet édito revient surtout un point essentiel des controverses climatiques : la question de la communication scientifique.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon cet article, les chercheurs sur le climat devraient cesser d’être « naïfs », en croyant que la présentation des données suffit à convaincre d’elle-même : <em>«scientists must not be so naive as to assume that the data speak for themselves »</em>. Ce n&#8217;est pourtant pas si surprenant si l’on considère que la résolution de la question climatique fait certes appel à des connaissances scientifiques, mais également à nos visions, parfois divergentes, des relations de l’homme à l’environnement, aux progrès scientifiques et techniques et aux modèles de développement et de croissance à venir.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour nous, les controverses climatiques révèlent des jeux d’acteurs et d’arguments articulant des connaissances nécessairement incertaines et des systèmes de valeurs. En d’autres termes, elles intéressent l’univers de la communication.</p>
<p style="text-align: justify;">À titre d&#8217;exemple, à la suite du <em>Climategate</em> en novembre 2009, la Commission britannique pour la science et la technologie de la Chambre des Communes a prié les scientifiques du centre de recherche sur le climat de l&#8217;Université d&#8217;East Anglia (CRU) de communiquer davantage d&#8217;informations sur leurs données et leurs méthodes afin d&#8217;empêcher à l&#8217;avenir de nouvelles controverses : <em>« si cela avait été le cas, nombre de problèmes au CRU auraient pu être évités » </em>(2)<em>.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;">Des discours qui doivent soulever la question des valeurs</h3>
<p style="text-align: justify;">Force est de constater que les scientifiques, et particulièrement ceux qui se déclarent proches du GIEC, se refusent à aborder la question des valeurs, supposant qu’elles n’interviennent pas dans leurs engagements à la résolution de la question de la responsabilité de l’homme dans l’évolution climatique.</p>
<p style="text-align: justify;">La plupart diront que les valeurs n’ont aucune place dans la pratique scientifique et que les connaissances produites doivent suffire à convaincre et à mobiliser les citoyens et décideurs politiques. Or, encore une fois, derrière la question de la responsabilité de l’homme dans l’évolution climatique, il y a une question éthique, un système de valeurs relatif à notre rapport à la nature, au progrès scientifique et technique, au modèle de société dans lequel nous voudrions nous projeter.</p>
<p style="text-align: center;"><object style="width: 480px; height: 385px;" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="385" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/oZMyFPUp9MY?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" /><embed style="width: 480px; height: 385px;" type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="385" src="http://www.youtube.com/v/oZMyFPUp9MY?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque l&#8217;on analyse le discours des climato-sceptiques et notamment ceux d&#8217;Allègre et de Courtillot, la clarification des valeurs, leurs visions du progrès et des relations entre l’homme et la nature apparaissent clairement.</p>
<p style="text-align: justify;">À titre d’exemple, dans la Lettre n°21 sur l’évolution des climats de l’Académie des Sciences (3), Vincent Courtillot précisait que s’il ose <em>« formuler des doutes sur la phrase précise du rapport du GIEC faisant état d’un degré de confiance de 90 %» </em>cela ne veut pas dire « <em>qu’il faille se comporter de façon écologiquement irresponsable. Il est vrai que le gaz carbonique a augmenté de façon considérable depuis quelques décennies. Et si je ne suis pas persuadé que l’effet sur la température du globe soit démontré, rien n’interdit que ces effets apparaissent dans le futur […] »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Il poursuit un peu plus loin en présentant sa vision de la consommation énergétique et du progrès technoscientifique : « <em>il y a maintes raisons de consommer de manière plus parcimonieuse nos réserves en combustibles fossiles, dont on saura sans doute tirer dans quelques décennies ou quelques siècles des molécules nouvelles et des applications plus intéressantes que de casser ces molécules dans des moteurs. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, la prise en considération d’autres problèmes mondiaux selon lui plus immédiats constitue également un point essentiel de son discours, que l’on retrouve également chez Claude Allègre. « <em>Il ne faut pas que cette affaire du réchauffement climatique masque des enjeux dont on peut penser qu’ils sont peut-être encore plus urgents : l’accès à l’eau au XXIe siècle, le traitement des déchets dans des civilisations de plus en plus urbaines, sans parler des grandes pandémies, de l’accès à l’éducation et à la parité des</em><em>femmes, ou tout simplement des 800 millions d’habitants de notre planète qui survivent (aujourd’hui, pas dans 100 ans) en dessous du seuil de pauvreté et souffrent de la faim »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors pourquoi les médias se sont montrés jusqu’à présent si réceptifs à ces communications sceptiques – en dehors des talents d&#8217;orateurs et de provocateurs de ceux qui les prononcent ? N’est-ce pas parce qu’ils réussissent à développer un discours scientifique qui fait sens pour les citoyens, en parlant de sciences et de priorités sociales, et plus généralement de la place des sciences en société ? Probablement…</p>
<p style="text-align: justify;">Quoiqu’il en soit, on pourra facilement admettre qu’au-delà des connaissances qu’ils s’attachent à produire sur la question de la responsabilité de l’homme dans l’évolution climatique, les climato-sceptiques expriment clairement leurs visions du monde. Et on peut émettre ici l’hypothèse que les controverses que soulèvent leurs discours portent également sur des conflits de valeurs entre scientifiques citoyens, en venant parfois à se traiter de négationnistes.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Des journalistes qui prennent parti ?</h3>
<p style="text-align: justify;">Quel rôle joue alors les médias dans ce genre de débat ? Comment le représenter sans travestir l&#8217;état incertain des connaissances sur le climat ? Dans le traitement médiatique de cette controverse, après deux dynamiques opposées – pas de contradicteur dans un premier temps et une représentation quasiment égale dans un second temps – l&#8217;heure est à la réflexion. Enfin, peut-être pas pour tous.</p>
<p style="text-align: center;"><em><img class="aligncenter size-full wp-image-2850" title="journalistes" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/journalistes.jpg" alt="" width="640" height="426" /></em></p>
<p style="text-align: justify;">Suite au débat de l&#8217;Académie des Sciences et au rapport publié quelques semaines plus tard, certains journalistes comme Daniel Schneidemann prennent des positions extrêmes. Le 2 novembre 2010, il publie dans <a href="http://knowtex.com/15396">Arrêt sur images</a> une sorte de <em>mea culpa </em>pour le moins surprenant.</p>
<p style="text-align: justify;">Il appelle les journalistes à s&#8217;excuser d&#8217;avoir laissé la parole à Claude Allègre&#8230;. et pose alors la question de la déontologie journalistique dans les communications à propos des sciences. Qui peut parler ? Quelle place on accorde à un contradicteur ? Pourquoi inviter Claude Allègre sur un plateau ?</p>
<p style="text-align: justify;">Mais l’interrogation la plus troublante qu’il soulève semble être la suivante : N’y-a-t-il pas des sujets « définitivement incompatibles avec le format du débat télé », pour ne pas dire avec la vulgarisation médiatique en général ? Sur un sujet comme celui de la responsabilité de l’homme dans l’évolution climatique, ce questionnement est franchement inquiétant.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi Daniel Schneidermann regrette-t-il d’avoir mise en scène médiatique un débat dont il estime « qu&#8217;il n&#8217;avait pas lieu d&#8217;être». Pourquoi un tel questionnement de la part d’un journaliste d’investigation qui fait des débats entre sciences et société l&#8217;un de ces thèmes préférés ?</p>
<p style="text-align: justify;">Peut-être par crainte de s’être discrédité aux yeux de ses sources d’information scientifique, des académiciens, de ses auditeurs mais surtout de son collègue journaliste Sylvestre Huet, dont il déclare, que « <em>la supériorité scientifique […] est évidente</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le risque de discrédit n’existe-t-il pas toujours, lorsqu’on regrette d’avoir communiqué sur le registre du doute et qu’on se réfugie dans un consensus construit à huit clos en exprimant une confiance aveugle en l’expertise officiellement désignée ? Et si jamais le consensus se révélait faux ?</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, il semble à présent évident qu’en France, nous venons d’entrer dans une nouvelle dynamique des controverses climatiques, avec un risque de retour d’une communication sur le registre du consensus, en référence au rapport établi par l’Académie des sciences. Même les quelques voies françaises dissidentes l’ont signé. Les raisons de cette nouvelle configuration sociale reste à explorer… Un beau thème de recherche pour la sociologie des controverses !</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Notes</span> :</p>
<p>(1) 11 mars 2010, volume 464, 	p. 141.</p>
<p>(2) AFP, 30 mars 2010.</p>
<p>(3) Printemps 2007, en relation avec le premier débat à l’académie 	des sciences sur la question climatique.</p>
<p>Images CC Flickr : <a href="http://www.flickr.com/photos/crystaljingsr/" target="_blank">姒儿喵喵</a> et <a href="http://www.flickr.com/photos/oxfam/" target="_blank">Oxfam International</a></p>
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		<title>Peut-on réconcilier la science, le doute et l’académie ?</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Nov 2010 09:22:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoit Urgelli</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Académie des Sciences]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[doute]]></category>
		<category><![CDATA[science]]></category>

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		<description><![CDATA[Stéphane Foucart, journaliste scientifique du journal Le Monde, montre une certaine vision du fonctionnement des sciences en société dans son l’article "La science, le doute, et la faute de l'Académie" du 13 novembre. Je voudrais revenir sur cet argumentaire à travers une modeste analyse de ses limites.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Stéphane Foucart, journaliste scientifique du journal Le Monde, montre une certaine vision du   fonctionnement des sciences en société dans  son article<a href="http://www.knowtex.com/posts/la-science-le-doute-et-la-faute-de-l-academie_15963" target="_blank"> </a><em><a href="http://www.knowtex.com/posts/la-science-le-doute-et-la-faute-de-l-academie_15963" target="_blank">La science, le doute, et la faute de l&#8217;Académie</a> </em>du 13 novembre. Je voudrais revenir sur cet argumentaire à travers une modeste analyse de ses limites.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon l’auteur, le <a href="http://www.academie-sciences.fr/publications/rapports/pdf/climat_261010.pdf" target="_blank">rapport</a> « Le changement climatique » de l’<a href="http://www.academie-sciences.fr/" target="_blank">Académie des sciences</a>, publié le 26 octobre 2010, aurait été accueilli comme une <em>réfutation unanime</em> des thèses climato-sceptiques. Le journaliste propose alors de montrer qu’une autre analyse est possible : l’académie des sciences aurait commis une faute en ayant accepté d’organiser ce débat scientifique.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant de revenir sur l’analyse de Stéphane Foucart, remettons cette affaire dans son contexte en n’oubliant pas que la ministre de la recherche avait chargé l’institution de répondre par ce débat à l’<a href="http://www.clubdesargonautes.org/actualites/news2010/appelasignature.php" target="_blank">appel</a> (avril 2010) signé par 600 « climatologues » français.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La victoire indéniable</strong><strong> des climatosceptiques ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dès les premières lignes de son article, le journaliste exprime sa vision d’une controverse scientifique : il s’agit pour lui d’une bataille bipolaire entre deux écoles de pensée scientifique. Selon lui, cette bataille était perdue d’avance pour les solaristes (1) et plus généralement pour ceux qui remettent en cause la <em>très probable</em> responsabilité de l’homme dans l’évolution climatique récente (principale conclusion du <em><a href="http://www.ipcc.ch/pdf/assessment-report/ar4/wg2/ar4-wg2-spm-fr.pdf" target="_blank">Résumé à l’attention des décideurs</a> </em>publié par le GIEC en février 2007).</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Stéphane Foucart, même si la victoire de l’argumentaire des scientifiques <em>carbocentristes</em> (2) est évidente, le traitement de cette affaire par l’Académie aurait conduit à la <em>victoire indéniable</em> des climatosceptiques sur le terrain politique.</p>
<p style="text-align: justify;">La vision que présente l’auteur du fonctionnement des sciences en société est dichotomique : il y aurait deux univers bien distincts, celui des sciences, autonome et désintéressé, et celui de la société, territoire des opinions et des conflits d’intérêts. Or la sociologie des sciences montre que dans la dynamique des controverses, les relations sont complexes entre ces deux univers.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3035" title="wall" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/wall.jpg" alt="" width="512" height="384" /></p>
<p style="text-align: justify;">Mais admettons… en organisant le débat du 20 septembre 2010, l’Académie des sciences aurait laissé croire à l’opinion publique que la controverse <em>s’imposait d’un point de vue scientifique</em>. Pour le journaliste, aucun argument scientifique ne justifiait de débattre entre scientifiques de la responsabilité de l’homme dans l’évolution climatique récente, ce qui revient à considérer, comme <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2007/02/20/la-prochaine-bataille-du-climat-par-stephane-foucart_869416_3232.html" target="_blank">il l’exprimait déjà le 21 février 2007</a>, à la suite de la Conférence de Paris, que <em>le débat est clos</em> et que <em>le réchauffement anthropique est un fait</em>.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les deux présupposés du journaliste scientifique</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dans cet argumentaire, on voit apparaître deux présupposés discutables. En premier lieu, les publics seraient influençables (et démobilisables ?) par l’expression d’un doute (3). Cependant, si toute l’économie de la publicité repose sur le postulat que les médias influencent leurs publics, les travaux de la sociologue Marie-Pierre Fourquet (1999) illustrent que cette vision de l’existence <em>d’influences fortes</em> sur les publics est discutable.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut ici s’interroger sur toutes les origines possibles d’un rejet du consensus par une partie de la population. Ne serait-il pas lié au manque de transparence sociale de l’expertise scientifique, ce qui suppose une délégation de confiance aveugle envers les scientifiques désignés par les décideurs comme experts ?</p>
<p style="text-align: justify;">Deuxièmement, les sciences seraient une industrie produisant des connaissances à travers des débats réservés à des scientifiques hyperspécialisées dans un domaine. Un peu d’histoire et de socio-épistémologie des sciences suffirait à démontrer que cette vision est largement discutable, comme le montre par exemple, l’émergence du paradigme de la dérive des continents.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est évident qu’on ne peut prétendre qu’un journaliste scientifique, tout comme un enseignant ou tout autre médiateur de sciences, mais également un chercheur en sociologie, même s’il a une solide formation initiale en sciences, ait une pratique quotidienne des sciences à propos desquelles il développe un discours public. Certes. Mais je pense que Stéphane Foucart commet une erreur lorsqu’il exprime une telle vision du fonctionnement des sciences en société.</p>
<p style="text-align: justify;">Son devoir serait plutôt d’éclairer l’opinion sur la dynamique sociale des sciences, comme le précise d’ailleurs la charte du journalisme et<a href="http://acces.inrp.fr/eedd/climat/mediatheque/qui-sont-les-journalistes-scientifiques-enquete-2005/" target="_blank"> les enquêtes 2005</a> de <a href="http://www.ajspi.com/" target="_blank">Association des Journalistes Scientifiques de la Presse d’Information</a>. Notre devoir de médiateur scientifique, c’est selon moi de montrer sur quelle(s) éthique(s) se fonde(nt) la pratique scientifique, les implications sociales de cette pratique, ses limites, et les moments ou espaces publiques dans lesquels cette éthique est reconfigurée, en cherchant les raisons de cette reconfiguration.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Réconcilier le doute et la certitude</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L’article de Stéphane Foucart confirme une certaine vision &laquo;&nbsp;asociale&nbsp;&raquo; des sciences. Selon lui, l’affaire aurait réussi à faire penser que <em>&laquo;&nbsp;les scientifiques ne sont pas tous d&#8217;accord&nbsp;&raquo;</em>. Plutôt qu’une <em>victoire indéniable</em> des climatosceptiques, ce serait selon moi la victoire d’une vision des sciences plus réaliste, une vision qui ne met pas en danger leurs places dans notre société et ne leur fait pas courir le risque d’un discrédit social.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2935" title="doute" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/doute.jpg" alt="" width="493" height="365" /></p>
<p style="text-align: justify;">En effet, comme le précise le sociologue Roqueplo (1993), dans son ouvrage sur les limites de l’expertise climatique, il faut considérer qu’un diagnostic scientifique<em> incertain n’est pas pour autant un diagnostic auquel on ne fait pas confiance</em>. En recherchant désespérément des faits justifiant la clôture des controverses, il existe un risque dont il faut prendre la mesure. <em>Sans la réconciliation entre doute et certitude, sans la confiance raisonnée et raisonnable dans le travail des scientifiques, c&#8217;est la fiabilité même des connaissances qui finit par être objet de doute</em> (Roqueplo,1993).</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>L’idéologie de la compétence du spécialiste</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dans la suite de son article du 13 novembre 2010, Foucart aborde la question des spécialistes scientifiques du climat : l’absence de leur représentativité à l’Académie des sciences aurait conduit à biaiser les analyses scientifiques. Ce qui le chagrine le plus, c’est l’incompétence et <em>la profonde méconnaissance</em> de certains académiciens, <em>étrangers au sujet</em>, ayant pourtant participé au débat. Certains seraient même allés jusqu’à faire d’énormes confusions en mobilisant des connaissances extraites du film catastrophe américain <em>Le Jour d’après</em> (2004) !</p>
<p style="text-align: justify;">Mais de quel(s) spécialiste(s) parle-t-on ? Faut-il être un hyperspécialiste des techniques géochimistes ou géophysiciennes pour pouvoir débattre et analyser des argumentaires contradictoires sur la question de la responsabilité de l’homme dans l’évolution climatique récente ? Ou ne suffit-il pas, comme je le pense, d’avoir une pratique quotidienne et confirmée des sciences et de leur fonctionnement, de s’informer des résultats et travaux en cours, pour pouvoir juger de la fiabilité et de la <em>tangibilité</em> des preuves avancées ?(4) C’est en tout cas l’image, peut être naïve, que je me fais de la place des académiciens français dans cette institution.</p>
<h3><strong>L’opacité socioscientifique du débat</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Je rejoins cependant Foucart lorsqu’il dénonce <em>l’opacité</em> du débat à l’Académie des sciences et du rapport associé. En effet, ce travail<em> correspond très peu aux canons de la démarche scientifique</em>, et c’est ce qui me semble le plus gênant dans cette affaire : autour de la question climatique, peut-on, comme le fait d’ailleurs le GIEC lors de son assemblée plénière pour l’adoption du <em>Résumé à l’attention des décideurs</em>, fermer à clé les portes des négociations, de peur que l’écoute des publics ne vienne perturber les argumentaires en débat ?</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2951" title="Trouve moi si tu peux" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/opacité.jpg" alt="" width="493" height="370" /></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne crois pas que ce manque de transparence, bien éloigné de l’idéal éthique déclaré par les scientifiques, favorise la confiance et l’adhésion des publics, en tout cas, pas sur une question aussi éminemment éthique et politique que celle de la responsabilité de l’homme dans l’évolution climatique.</p>
<p style="text-align: justify;">Etant données les dimensions socioscientifiques de la question, il semble évident que le rapport de l’Académie des sciences, comme le <em>résumé du GIEC à l’attention des décideurs</em>, est le fruit de négociations à la fois scientifique et politique. Avec une différence fondamentale : les résumés du GIEC sont précisément sourcés et référencés.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais s’efforcer, comme le fait Stéphane Foucart, de tracer une frontière entre sciences et politique n’a de sens que si l’on arrive à montrer l’existence de différences éthiques entre les deux univers. Or dans cette affaire, <a href="../debat-a-lacademie-des-sciences-le-triomphe-de-claude-allegre" target="_blank">les éthiques qui ont fondé l’ensemble de l’opération</a> (la progressive montée médiatique des discours sceptiques, l’appel des 600 climatologues, la réponse de la ministre, le débat à huit clos…) ne sont pas celles de la pratique scientifique ordinaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est sur les raisons de ces différences que devraient porter les investigations journalistiques et sociologiques à venir. Il nous faudra donc proposer des hypothèses sur les motivations de cette affaire peu transparente. A ma connaissance, celle qui me semble la plus robuste pour le moment, dans le contexte français, est <a href="http://benoit.urgelli.free.fr/Recherches/Articles/Urgelli-Prudhomme-2010.html" target="_blank">celle de Rémy Prud’homme</a> (2010).</p>
<p style="text-align: justify;">L’auteur précise qu’<em> « il n’est pas interdit de penser que certains </em>[scientifiques]<em> règlent ici un vieux contentieux, et en veulent autant à MM. Allègre et Courtillot </em>[…] <em>pour leurs critiques des thèses carbocentrées </em>[que]<em> pour leurs critiques de l’organisation de la recherche française ».</em> J’ajouterai bien volontiers à cette hypothèse, qu’entre les acteurs, s’expriment des conflits de représentations du progrès technoscientifique et des relations futures de l’homme à la nature.</p>
<p>Affaire à suivre&#8230;</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Notes</span> :</p>
<p>(1) Principale conclusion du Résumé à l’attention des décideurs publiée par le GIEC en février 2007.</p>
<p>(2) Selon Benoit Rittaud, il  s’agit des scientifiques qui tentent de  démontrer que l’évolution  climatique récente est sous la dépendance  principale de l’activité  anthropique, par opposition aux solaristes qui  affichent des  corrélations entre l’évolution récente de l’activité  solaire et  l’évolution de la température moyenne de surface de la  planète.</p>
<p>(3) Certains constatent qu’aux Etats-Unis, l’expression d’un  doute artificiellement entretenue dans les médias sur la question  climatique conduit à ce qu’un américain sur deux environ rejette les  principaux points du consensus scientifique.</p>
<p>(4) Selon le sociologue Chateauraynaud, 2004, une <a href="http://www.csi.ensmp.fr/WebCSI/4S/abstract/abstract_session.php?numero_session=S56" target="_blank">preuve</a> va être considérée comme <cite>tangible</cite> lorsqu’elle résiste <cite>aux  variations perceptuelles, instrumentales et argumentatives auxquelles  la soumettent des acteurs dotés de représentations et d’intérêts  divergents </cite>; tant que la preuve n’est pas tangible subsiste le doute et la controverse <strong> </strong></p>
<p>Photos CC Flickr :  <a href="http://www.flickr.com/photos/pacroon/" target="_blank">onlinehero</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/valeriebb/" target="_blank">Valerie Everett</a> &amp; <a href="http://www.flickr.com/photos/dalbera/" target="_blank">dalbera</a></p>
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		<title>Dans les coulisses de l’enquête climat : la timeline</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Nov 2010 09:20:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gayané Adourian</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le prisme]]></category>
		<category><![CDATA[Benoit Urgelli]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[controverse]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Baptiste Comby]]></category>
		<category><![CDATA[Marine Soichot]]></category>
		<category><![CDATA[sciences humaines]]></category>
		<category><![CDATA[TimeLine]]></category>

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		<description><![CDATA[Mener une enquête au prisme des Sciences de l'Homme et de la Société ne laisse pas indifférent... Celle consacrée au changement climatique, la toute première, a définitivement transformé mon regard et mes pratiques de journaliste. Récit.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L<a href="http://www.prismedetete.net/category/enquetes/climat-enquetes/" target="_blank">&#8216;enquête consacré au changement climatique</a> a transformé petit à petit mon regard et mes pratiques de journaliste&#8230; Récit.</p>
<p style="text-align: center;"><em><img class="aligncenter size-full wp-image-3005" title="clock_une" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/clock_une.jpg" alt="" width="501" height="252" /><br />
</em></p>
<h3><strong>Janvier – février 2010 : Once Upon A Time&#8230;</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Tout commence le 25 février 2010 au Muséum National d&#8217;Histoire Naturelle de Paris. Je fais alors partie des quatre jeunes journalistes scientifiques qui, par l&#8217;intermédiaire de <a href="http://www.knowtex.com/blog/nicolas-mordu-de-culture/" target="_blank">Nicolas Loubet</a>, partent à la rencontre de <a href="http://www.soichot.com/recherches/" target="_blank">Marine Soichot</a> et de Pris(m)e de Tête, un blog d&#8217;épistémologie des sciences à l&#8217;époque.</p>
<p style="text-align: justify;">La rencontre est fructueuse. Après une foire aux sujets stimulante où la plupart des controverses sciences et société – génie génétique, nanotechnologies, créationnisme, etc. &#8211; sont abordées, je repars avec le dossier du changement climatique sous le bras. Autrement dit : une thèse et des articles de sociologie !</p>
<p style="text-align: justify;">Ça tombe bien. J&#8217;ai justement &laquo;&nbsp;mis les pieds dans le plat&nbsp;&raquo; de cette controverse en janvier &#8211; la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conférence_de_Copenhague_de_2009_sur_le_climat" target="_blank">conférence de Copenhague</a> alors à peine terminée &#8211; en assistant au <a href="http://www.ipgp.fr/pages/040805.php?name=20100107" target="_blank">séminaire de rentrée</a> de Vincent Courtillot à l&#8217;<a href="http://www.ipgp.fr/" target="_blank">IPGP</a>. Raconter la <a href="http://www.gayane-adourian.fr/archives/296" target="_blank">substance du séminaire</a> sur mon <a href="http://www.gayane-adourian.fr/" target="_blank">blog</a> m&#8217;aura permis de battre mon record de commentaires&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;idée de départ pour l&#8217;enquête :  ne pas faire comme la plupart des journalistes scientifiques ! C&#8217;est-à-dire : ne pas rentrer dans le débat scientifique et/ou le relater mais plutôt partir des travaux des (jeunes) chercheurs qui étudient la &laquo;&nbsp;mécanique de la controverse&nbsp;&raquo;, qu&#8217;ils soient politologues ou sociologues.</p>
<p style="text-align: justify;">De quoi disposer d&#8217;une grille de lecture &laquo;&nbsp;SHS&nbsp;&raquo; (i.e. Sciences de l&#8217;Homme et de la Société) au moment d&#8217;interroger les protagonistes de la controverse scientifique (Hervé Le Treut, Vincent Courtillot <em>et al.</em>). Pour ouvrir certaines portes, notamment celles de l&#8217;IPGP, je profite  du réseau de Nicolas (qui a étudié à l&#8217;IPGP).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2842" title="porte" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/porte.jpg" alt="" width="448" height="314" /></p>
<h3><strong>16 mars : Plongée</strong> dans le monde des SHS</h3>
<p style="text-align: justify;">Je dois à Marine mon &laquo;&nbsp;baptême de SHS&nbsp;&raquo;&#8230; Grâce à elle, j&#8217;assiste à au séminaire &laquo;&nbsp;<a href="http://www.koyre.cnrs.fr/spip.php?article301" target="_blank">Changement climatique, expertise et fabrications du futur</a>&nbsp;&raquo; (du <a href="http://www.koyre.cnrs.fr/" target="_blank">Centre Alexandre Koyré</a>) consacré aux climato-sceptiques français (<a href="http://www.gayane-adourian.fr/archives/tag/sceptiques" target="_blank">Allègre et Courtillot dans les faits</a>). L&#8217;occasion de rencontrer <a href="http://www.koyre.cnrs.fr/spip.php?article96" target="_blank">Amy Dahan</a> et <a href="http://www.koyre.cnrs.fr/spip.php?article274" target="_blank">Hélène Guillemot</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux personnes que je retrouverai à tous les colloques où il est question du <a href="http://www.ipcc.ch/home_languages_main_french.htm" target="_blank">GIEC</a> &#8211; l&#8217;un des gros objets de recherche pour ces scientifiques &#8211; un &laquo;&nbsp;organe  intergouvernemental&nbsp;&raquo; (comme nul autre pareil) qui voient <a href="http://www.prismedetete.net/tag/giec/" target="_blank">science et politique se mêler de façon complexe</a>. Colloques où je serai souvent la seule journaliste&#8230;</p>
<h3>24 mars : Complexe, vous avez dit complexe &#8230;</h3>
<p style="text-align: justify;">La journée commence par la rencontre d&#8217;un jeune météorologue qui nous explique en quoi les modèles utilisés en météorologie et en climatologie sont différents. Mais surtout, il a lu <em>in extenso </em>les derniers rapport du GIEC&#8230; De quoi constater le  lissage des courbes de température entre le 1er rapport (1990) et celui de 2007.</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;aise avec la programmation, l&#8217;affaire du <em><a href="http://www.prismedetete.net/?s=climategate" target="_blank">climategate</a></em><em> </em>l&#8217;a intrigué et il a voulu regarder au niveau du code informatique ce qui était remis en cause. En restant prudent, il nous confirme (e.g. voir ce <a href="http://www.lepost.fr/article/2009/12/09/1831979_l-alchimie-des-arrieres-cuisines-de-la-science-climatique.html" target="_blank">billet de blog</a>) que si les bouts de code source exhumés ne sont pas des brouillons, alors ils existe des &laquo;&nbsp;ajustements&nbsp;&raquo; orientés&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2845" title="combat jeu d'échec" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/combat-jeu-déchec.jpg" alt="" width="448" height="281" /></p>
<p style="text-align: justify;">Nous partons ensuite à l&#8217;IPGP rencontrer le géophysicien <a href="http://www.academie-sciences.fr/membres/J/Jaupart_Claude_bio.htm" target="_blank">Claude Jaupart</a> pour discuter du <a href="http://www.nature.com/news/2009/090107/full/457140a.html" target="_blank">conflit d&#8217;intérêt dont il est accusé</a> (comme Paul Tapponier et Vincent Courtillot). On le soupçonne d&#8217;avoir favorisé la publication de chercheurs de l&#8217;IPGP dans la revue scientifique <a href="http://www.elsevier.com/wps/find/journaldescription.cws_home/503328/description#description" target="_blank">EPSL</a>&#8230; Mais il apparaît, à l&#8217;entendre, qu&#8217;il s&#8217;agit plutôt de malveillance. Selon lui, quand on traite plus de 200 publications par an (en tant qu&#8217;éditeur), il arrive que l&#8217;on publie par mégarde quelques articles co-signés par des chercheurs affiliés à son établissement.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la controverse scientifique elle-même, il nous explique qu&#8217;il observe un vrai clivage entre deux manières de faire de la géophysique (sachant qu&#8217;il a travaillé lui-même sur des modèles météorologiques en début de carrière), certains géophysiciens de la Terre solide (formés dans les années 60-70-80) ayant des difficulté à appréhender la science &laquo;&nbsp;moderne&nbsp;&raquo; qui donne une part déterminante à la modélisation numérique des systèmes complexes.</p>
<h3>25 mars : Susan Solomon, l&#8217;évangéliste du GIEC</h3>
<p>Invitée à Paris VI pour la remise du titre de « docteur<em> honoris causa </em>», <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Susan_Solomon" target="_blank">Susan Solomon</a> fait un séminaire sur &laquo;&nbsp;le climat hier-aujourd&#8217;hui-demain&nbsp;&raquo;. Avec un discours alarmiste sur ce qui se passe actuellement (elle ressort les scénarios possibles dans le cas où les émissions de CO2 ne sont pas limitées ) elle justifie et encense le travail du GIEC.</p>
<p>Engagée &#8211;  c&#8217;est elle qui a coordonné le 4 ème rapport de 2007 &#8211; elle était selon <a href="http://www.atmos.ucla.edu/tcd/GHIL/" target="_blank">Mikhail Ghil</a> la plus à même de recevoir le <a href="http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/question_actu.php?langue=fr&amp;id_article=8683&amp;id_mag=0" target="_blank">prix Nobel en 2007</a>. Lorsque la question des erreurs du dernier rapport du GIEC est soulevée, elle répond que ce ne sont pas des résultats majeurs qui sont remis en question et que les erreurs (humaines) sont possibles.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2851" title="rapports GIEC" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/rapports-GIEC.jpg" alt="" width="448" height="336" /></p>
<h3><strong>26 mars : </strong> Au coeur du débat à la Climate Week</h3>
<p style="text-align: justify;">Organisée par WWF, c&#8217;est une semaine de débats autour du changement climatique et ses impacts. <a href="http://www.gayane-adourian.fr/archives/355" target="_blank">Pour celui du 26</a>, les invités sont <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hervé_Le_Treut" target="_blank">Hervé Le Treut</a> et <a href="http://www.math.univ-paris13.fr/~rittaud/" target="_blank">Benoit Rittaud</a>, mathématicien et auteur du libre <em><a href="http://www.amazon.fr/Mythe-climatique-Benoît-Rittaud/dp/2021011321" target="_blank">Le mythe climatique </a></em>qui vient de sortir. Autour de la table, des journalistes (dont <a href="http://effetsdeterre.fr/about/" target="_blank">Denis Delbecq</a>), des sceptiques et des « simples observateurs ».</p>
<p style="text-align: justify;">Il en ressort un sentiment de supériorité dans le débat de la part d&#8217;Hervé Le Treut, très posé et clair dans sa posture de scientifique quand Benoit Rittaud apparaît incapable d&#8217;expliquer clairement ses concepts de pseudo-science, science fausse, climatomancie&#8230; Au delà de ce débat (raté), j&#8217;en profite pour  prendre rendez-vous avec les deux hommes.</p>
<h3>29 mars : Valérie Masson-Delmotte, la militante</h3>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi elle ? Parce qu&#8217;elle est paléoclimatologue à l&#8217;IPSL et qu&#8217;elle a été invitée à participer à un &laquo;&nbsp;débat&nbsp;&raquo; plutôt houleux avec <em>sieur</em> Claude Allègre&#8230; Autant le dire : aller au <a href="http://www.lsce.ipsl.fr/" target="_blank">LSCE</a>, c&#8217;est un peu la croix et la bannière en transports en commun. RER B, navette spéciale, marche en pleine campagne&#8230; Mais nous serons pas déçus du voyage !!</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="360" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xcj8jg?additionalInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="360" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xcj8jg?additionalInfos=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><br />
<em><span style="font-style: normal;"><strong><br />
</strong></span></em></p>
<p><em> </em>Valérie Masson-Delmotte est une scientifique-militante. Elle plaide pour la création d&#8217;une société savante dédiée au climat, une représentation plus importante à l&#8217;Académie des sciences, etc. Outrée par les propos de Claude Allègre, elle nous indique qu&#8217;une réponse est en train de s&#8217;organiser mais qu&#8217;elle ne peut pas encore en parler&#8230;</p>
<h3><strong>30 avril :</strong> Jean-Baptiste Comby : la star entre en scène</h3>
<p>Sa thèse intitulée &laquo;&nbsp;Les enjeux liés aux changements climatiques&nbsp;&raquo; est un trésor. J&#8217;en avais lu certains passages sur les conseils éclairés de Marine. Dans un banal Starbucks (à Beaubourg), la rencontre entre <a href="http://www.u-paris2.fr/15906647/0/fiche___annuaireksup/&amp;RH=PROF" target="_blank">Jean Baptiste</a>, Nicolas, Marine et moi ouvre des portes et des axes que je n&#8217;avais encore jamais explorés.</p>
<p>Nous abordons la construction du changement climatique en tant que problème public, <a href="http://www.prismedetete.net/quand-journalistes-et-scientifiques-font-bon-menage/" target="_blank">les relations de connivence qui existent entre acteurs</a> (ie. les agences environnementales, les journalistes, les chercheurs)&#8230; Et Jean-Baptiste se montre très intéressé par notre démarche !</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-1326" title="mariage" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/09/mariage.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<h3><strong>31 mars : </strong>L&#8217;unique (paléo)climatologue de l&#8217;IPGP</h3>
<p style="text-align: justify;">La position de Frédéric Fluteau est plutôt délicate. Mêlé à l&#8217;<a href="http://www.prismedetete.net/l’affaire-courtillot-du-debat-academique-au-debat-mediatique/" target="_blank">affaire Courtillot</a> en 2007 (il a co-signé l&#8217;article polémique), il a choisi depuis de continuer son chemin de son côté. Se retrouver entre l&#8217;arbre et l&#8217;écorce parce qu&#8217;il travaillait avec Vincent Courtillot n&#8217;était pas viable&#8230; puisqu&#8217;il collabore avec les chercheurs de l&#8217;IPSL !</p>
<p style="text-align: justify;">Parti d&#8217;une simple question sur les modèles, il nous fait un cours sur le système climatique : bilan radiatif, circulation atmosphérique, couplage océan-atmosphère, érosion, évolution de la bioshpère&#8230; Au fil des minutes, les rétroactions s&#8217;enchaînent les une à la suite des autres. Bien qu&#8217;habituée, ça donne le tournis.</p>
<h3>1 avril : L&#8217;appel des climatologues&#8230; poisson d&#8217;avril ?</h3>
<p style="text-align: justify;">Surprise. Le matin, je constate dans ma boîte mail la présence d&#8217;un message de Valérie Masson-Delmotte pour me dire qu&#8217;une &laquo;&nbsp;lettre des climatologues&nbsp;&raquo; vient d&#8217;être rendue publique. Elle m&#8217;envoie pour diffusion ce texte &#8211; qui n&#8217;était pas encore définitif  - publié en catastrophe après à une fuite sur Internet (la 2ème version est <a href="http://www.clubdesargonautes.org/actualites/news2010/appelasignature.php" target="_blank">ici</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Le texte n&#8217;est pas très bien reçu et pour cause&#8230;  nous sommes un premier avril ! La date n&#8217;est pas propice mais, s&#8217;il a suscité des moqueries, elle a le mérite <em>a posteriori</em> de clarifier de nombreuses postures.</p>
<h3><strong>7 avril : </strong>Vincent Courtillot&#8230; heureusement bavard !</h3>
<p style="text-align: justify;">Le grand jour est arrivé. Nous allons rencontrer &#8211; Nicolas, Cyrielle (une étudiante de Paris VII alors en stage chez <a href="http://www.umaps.fr" target="_blank">Umaps</a>) et moi &#8211; Vincent Courtillot !  Nous attendons sagement devant le bureau de Lydia Zerbib, secrétaire générale de l&#8217;IPGP&#8230; puis le directeur de l&#8217;IPGP arrive, regarde sa montre et nous dit qu&#8217;il n&#8217;a qu&#8217;un quart d&#8217;heure. #WTF</p>
<p style="text-align: justify;">Après consultation rapide &#8211; sachant que le monsieur est dans le genre très bavard &#8211; nous décidons de ne lui poser qu&#8217;une <strong>seule</strong> (et simple) question : &laquo;&nbsp;pourquoi travaillez-vous (diable !) sur le climat ? &laquo;&nbsp;La réponse prendra quasiment une heure et demie avec à la clé, un croquis mémorable (une pièce unique !) sur le carnet de bord de Cyrielle ;-)</p>
<p style="text-align: justify;">Réponse d&#8217;autant plus intéressante qu&#8217;il ne faut pas oublier que &laquo;&nbsp;l&#8217;appel des climatologues&nbsp;&raquo; vient de sortir&#8230; En sortant de l&#8217;interview, il me faut remettre les pendules à l&#8217;heure : comment prendre position dans ce débat ? Réponse  : le &laquo;&nbsp;qui a tort qui a raison&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas ce qui m&#8217;intéresse mais les mécanismes de la controverse.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2585" title="Enquête" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/Enquête.jpg" alt="" width="354" height="358" /></p>
<h3><strong>20 avril : </strong>Rémi Barré, l&#8217;expert de l&#8217;expertise</h3>
<p style="text-align: justify;">Une rencontre extrêmement intéressante avec ce professeur du Cnam responsable des enseignements sur les politiques et le management de la recherche. Pour lui, le travail du GIEC tient de la démarche scientifique (avec la revue par les pairs) mais les implications sociétales sont telles que c&#8217;est bien une expertise qui est demandée. Bilan : un schéma mémorable où science, démocratie et décision politique sont étroitement reliés. L&#8217;expertise climatique est un système.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>30 avril : </strong>Hervé Le Treut, le gentil modélisateur</h3>
<div>
<p style="text-align: justify;">Spécialiste de la modélisation numérique, Hervé le Treut est attaché à la séparation entre discours scientifique et discours politique. « Il faudrait un site du type <a href="http://www.realclimate.org/" target="_blank">RealClimate</a> en France » nous confie-t-il, conscient de l&#8217;importance du web dans la dynamique de la controverse. Lui-même s&#8217;est essayé <a href="http://blogs.lexpress.fr/le-climatoblog/" target="_blank">au blogging</a> parce qu&#8217;il ne voulait pas voir ses mots portés par d&#8217;autres&#8230; mais le fait de ne pas savoir qui le lisait l&#8217;a perturbé, en plus du peu temps qu&#8217;il pouvait y consacrer.</p>
</div>
<h3>6 mai : Benoit Rittaud, l&#8217;épistémologue incompris</h3>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;auteur du <em>Mythe climatique</em> (2010) est mathématicien. Pourquoi l&#8217;avoir rencontré ? Parce qu&#8217;il fait parti de ces nouveaux climato-sceptiques qui essaient de regarder la controverse avec un angle original. Assis à une table d&#8217;un café, près de gare du nord, il prend le temps d&#8217;expliquer son concept de <em><a href="http://extremecentre.org/2010/04/05/«-la-climatomancie-une-science-qui-est-a-la-climatologie-ce-que-lastrologie-est-a-lastronomie-»/" target="_blank">climatomancie</a></em> (qui peine à se populariser).</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>La science réussit quand elle objective l&#8217;objet qu&#8217;elle étudie. »</em> À l&#8217;écouter, pour nombre de chercheurs du climat, le discours scientifique est réapproprié en un discours sur nous-même (e.g. &laquo;&nbsp;nous devons protéger la Terre&nbsp;&raquo;). Un constat qui l&#8217;amène à dire que la climatologie doit être considérée comme une &laquo;&nbsp;pseudo-science&nbsp;&raquo; et non une science&#8230;</p>
<h3>7 mai : Benoît Urgelli, socio-scientifique <em>addict</em></h3>
<p>C&#8217;est une constante : je rencontre les sociologues dans des cafés ! Celui de la gare Part-Dieu à Lyon fait l&#8217;affaire cette fois. L&#8217;entente est immédiate. Benoit est intéressé par mon travail et aime écrire, d&#8217;où l&#8217;idée de collaborer.</p>
<p>Après des études et des recherches en Sciences de la Terre avec <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Xavier_Le_Pichon" target="_blank">Xavier Le Pichon</a>, il s&#8217;est tourné vers l&#8217;éducation nationale avant de se concentrer sur une <a href="http://benoit.urgelli.free.fr/Recherches/These-2009/index.html" target="_blank">thèse</a> en sociologie portant sur l&#8217;enseignement de la controverse climatique.</p>
<p>Entre autres, il me rappelle que c&#8217;est Claude Allègre qui a introduit l&#8217;étude de l&#8217;effet de serre dans les programmes de seconde (fait peu connu). Et d&#8217;insister :  le climat est une question complexe car<em> &laquo;&nbsp;socioscientifique, expertisée et médiatisée&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<h3><strong>20 mai : le </strong>premier article sur Pris(m)e de tête !</h3>
<p>Un <a href="http://www.prismedetete.net/la-controverse-climatique-sous-le-microscope-des-shs/" target="_blank">premier billet</a> pour clarifier ma posture et présenter l&#8217;enquête. Le débat scientifique en tant que tel ne m&#8217;intéresse pas ; ce qui compte, ce sont les gens que j&#8217;ai rencontrés – Marine Soichot, Jean-Baptiste Comby, Benoit Urgelli, etc. – et qui ne sont jamais cités par mes confrères journalistes scientifiques. #zut Je croyais que je démarrais la restitution de l&#8217;enquête&#8230;  mais c&#8217;est plus difficile que je ne le pensais ! Je n&#8217;ai pas le recul pour écrire. Stand by jusqu&#8217;en septembre&#8230;</p>
<h3><strong><span style="color: #000000;">28 mai :</span></strong><span style="color: #000000;"> Benoit Urgelli à la rencontre de l&#8217;IPGP</span></h3>
<p style="text-align: justify;">De nombreux chercheurs viennent assister au séminaire de Benoit&#8230; même Vincent Courtillot (à côté duquel nous serons assis !). Axé sur ses travaux &#8211; « Peut-on / doit-on  enseigner des controverses » &#8211; la présentation génère une discussion autour de l&#8217;interdisciplinarité, l&#8217;importance de l&#8217;histoire des sciences dans la formation des chercheurs&#8230; Surprise, il nous dit à la fin, qu&#8217;il a proposé de faire la même communication à l&#8217;IPSL mais que sa demande n&#8217;a pas aboutie ?!</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>2 juin : </strong>La méthodologie du sociologue by Jean -Baptiste Comby</h3>
<p style="text-align: justify;">Jamais facile de voir Jean-Baptiste :  il est toujours à droite, à gauche. Capté au vol le temps d&#8217;un déjeuner, il m&#8217;initie à la méthodologie des sociologues. Même si je n&#8217;ai jamais cherché à faire une thèse, c&#8217;est important de voir comment ces derniers procèdent.  Finalement, leur travail se rapproche beaucoup de celui d&#8217;un journaliste. De mon côté, j&#8217;ai simplement essayé d&#8217;inclure la &laquo;&nbsp;réflexivité&nbsp;&raquo; des sciences sociales dans une enquête journalistique portant sur une controverse.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2858" title="carnet de notes" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/carnet-de-notes.jpg" alt="" width="448" height="336" /></p>
<h3><strong>5 juillet :</strong> Quelle suite pour les recherches de Vincent Courtillot ?</h3>
<p>Deuxième rencontre avec Vincent Courtillot. En plein déménagement dans les nouveaux locaux (l&#8217;inauguration est prévue pour septembre) son bureau ne peut pas nous recevoir. Encore une fois, il n&#8217;a pas beaucoup de temps&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Souvenir marquant : bien que considérant l&#8217;apport des science sociales, il décline la proposition d&#8217;être suivi un an (ou plus) par un sociologue dans son labo. Une question lancée sous forme d&#8217;une boutade par Nicolas #maybe</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>29 août :</strong> Le début de la fin</h3>
<p style="text-align: justify;">Il aura fallu tout ce temps et 3 heures à la brasserie du Train Bleu à la gare de Lyon, avec Nicolas qui rentrait de l&#8217;<a href="http://uee2010ihest.wordpress.com/" target="_blank">université européenne de l&#8217;IHEST</a>, pour qu&#8217;un scénario global commence enfin à se dessiner. La semaine suivante sera intense en terme de réflexion, de clarification et de mise en scène qui aboutit à la construction de 10 articles. Le but : les sortir à partir du 20 septembre au moment d&#8217;un <a href="http://ifris.org/spip.php?article261" target="_blank">colloque</a> organisé par Jean-Baptiste Comby, Hélène Guillemot et <a href="http://www.iddri.org/L'iddri/Intervenants-auteurs/Stefan-Aykut" target="_blank">Stefan Aykut</a>.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Septembre : </strong>Dans le dur<strong>&#8230;<br />
</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Deux semaines pour écrire 10 articles avec une écriture et un regard sociologique que je n&#8217;avais jamais pratiqué&#8230; L&#8217;exercice est difficile et fatiguant. J&#8217;écris &laquo;&nbsp;au kilomètre&nbsp;&raquo; (expression qui restera dans les annales). Ensuite, c&#8217;est la relecture par Marine, Nicolas et Benoit pour le fond et Marion sur la forme (merci !). Un vrai travail collaboratif.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>20 septembre </strong>C&#8217;est parti !!<strong> </strong>#ouf<strong><br />
</strong></h3>
<p>Quelques nuits courtes voire blanches et de nombreux va et vient plus tard, <a href="http://www.prismedetete.net/une-enieme-enquete-sur-le-climat%C2%A0/" target="_blank">le nouveau premier (vrai !) billet</a> est publié sur Pris(m)e de Tête pendant que je m&#8217;en vais au colloque écouter et parler de mon travail encore tout frais.</p>
<p>Ensuite, tout s&#8217;enchaine : mes articles sont complétés par d&#8217;autres billets (e.g. depuis <a href="http://www.citizenbrain.eu/" target="_blank">Citizen Brain</a>) qui sont édités sur Pris(m)e de Tête, je suis invitée à participer à une émission de <a href="http://www.rechercheencours.fr/REC/Podcast/Podcast.html" target="_blank">Recherche en Cours</a> puis à en préparer une pour novembre, je me lance dans la co-écriture avec Benoit d&#8217;un article à propos du débat qui a eu lieu en septembre à l&#8217;académie des sciences&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3002" title="puzzle2" src="http://www.prismedetete.net/wp-content/uploads/2010/11/puzzle2.jpg" alt="" width="512" height="340" /></p>
<h3><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;"><span style="color: #000000;">Journaliste scientifique + sociologue = journaliste mutante ? En guise de bilan après plus d&#8217;une demi-année (décousue) d&#8217;enquête, je dirais déjà que je me sens à l&#8217;aise dans la collaboration avec les chercheurs en sociologie des sciences.</span></span></h3>
<p style="text-align: justify;">Si je voulais résumer l&#8217;enquête, je dirais : un ensemble de lectures et de questionnements nouveaux, l&#8217;exploration d&#8217;un nouveau processus journalistique et un réseau exceptionnel constitué par des rencontres avec des chercheurs de tous bords !</p>
<p style="text-align: justify;">Côté journalisme, les interviews à deux ou plus, la co-construction de l&#8217;enquête, des articles sont des pratiques nouvelles et extrêmement enrichissantes. Au final j&#8217;en retiens un exercice en équipe et collaboratif avec Nicolas et Marion mais aussi Benoit, Jean-Baptiste et Marine. Un bon mix et le début d&#8217;un nouveau journalisme sur des sujets de sciences en société&#8230;</p>
<h4>Pour aller plus loin, consulter les weblist fabriquées sur Knowtex au fil du temps :</h4>
<ul>
<li><a href="http://www.knowtex.com/weblist/allegre_1277" target="_blank">Claude Allègre</a></li>
<li><a href="http://www.knowtex.com/weblist/climat_733" target="_blank">le climat</a></li>
<li><a href="http://www.knowtex.com/weblist/climategate_1661" target="_blank">le <em>Climategate</em></a></li>
<li><a href="http://www.knowtex.com/weblist/l-affaire-courtillot_580" target="_blank">l&#8217;affaire Courtillot</a></li>
<li><a href="http://www.knowtex.com/weblist/copenhague_374" target="_blank">le sommet de Copenhague</a></li>
<li><a href="http://www.knowtex.com/weblist/le-giec-c-est-quoi_641" target="_blank">le GIEC</a></li>
</ul>
<p>Photos CC Flickr : <a href="http://www.flickr.com/photos/tillwe/" target="_blank">tillwe</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/romary/" target="_blank">romary</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/shyald/" target="_blank">Christian. V</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/steve_easterbrook/" target="_blank">Steve E.</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/creeping29/" target="_blank">Creeping.D</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/dinkydivas/" target="_blank">The Thinking Doll</a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/stompy/" target="_blank">Abizern</a> &amp; <a href="http://www.flickr.com/photos/andrewrennie/" target="_blank">andrewrennie</a></p>
]]></content:encoded>
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